Dernier baroud d’honneur pour Rocky Balboa, qui permet à Sylvester Stallone de conclure par ce sixième opus, l’épopée d’un personnage qui fait désormais partie intégrante de l’histoire du cinéma.
Commencée en 1976, la saga Rocky s’était conclue en 1990 avec un désastreux cinquième opus qui avait laissé un goût d’inachevé à
Sylvester Stallone. Sans revenir sur les détails qui firent de Rocky V un échec, disons simplement que Stallone ne put donner la fin qu’il aurait souhaité pour son héros à cause de la pression des producteurs qui lui firent modifier son scénario à maintes reprises. Ce dernier souhaitait depuis longtemps mettre en chantier un sixième film, qui lui permettrait de véritablement conclure la légende du boxeur de Philadelphie. Plusieurs fois repoussé, le projet se concrétise enfin en 2006, cette fois-ci encore
Sylvester Stallone participera à l’écriture du scénario, mais passera également derrière la caméra comme pour le deuxième, troisième et quatrième film de la série.
2006,
Rocky Balboa est une légende vivante de la boxe. Voilà quelques années qu'il ne combat plus, mais qu'il fait revivre aux clients de son modeste restaurant de Philadelphie ses plus belles victoires. Tandis que des promoteurs cherchent un adversaire à sa taille au jeune champion Mason 'The Line' Dixon que tous dénoncent comme un tueur implacable et sans flamme,
Rocky Balboa se met à croire en une seconde chance qu’il n’espérait plus. L'incroyable confrontation entre le vieux lion et la machine à gagner est bientôt organisée. Face à cette annonce tous prédisent à l’ancien champion une déculottée mémorable, à commencer par son propre fils, mais Rocky veut saisir l’opportunité d’effectuer une sortie en beauté...
Rocky Balboa est un véritable retour aux sources pour
Sylvester Stallone qui souhaitait que cet ultime épisode retrouve ce qui fit la grandeur du premier Rocky qui remporta, rappelons le au passage, l’Oscar du meilleur film en 1976. Sans atteindre, le niveau de l’épisode originel,
Rocky Balboa est de très bonne facture et ravira les fans de la première heure.
Notons tout d’abord un scénario de qualité qui remet avant tout au centre de l’intrigue les relations entre les personnages, la partie « boxe » du film n’apparaissant que dans les vingt dernières minutes du film au profit d’un combat qui tient toutes ses promesses entre le vieux sage et le jeune loup. Le script replace également le personnage dans une situation précaire, il est désormais un homme déchu qui depuis la mort de sa femme emportée par un cancer tente plus de survivre que de vivre. Même son fils l’évite, ne supportant plus que les gens ne fassent sans cesse référence à son père, alors qu’il tente d’exister par lui-même. C’est habité de doutes et de tristesse que Rocky traversera le film, rendant le personnage plus attachant que jamais. Alors que cela aurait pu sombrer dans le mélodrame, les faiblesses du personnage toujours aussi candide et animé de sincérité touchent réellement, peut être parce que Stallone n’a jamais été aussi proche de son personnage, car lui aussi surfe sur une gloire passée et tente à travers ce film de redorer son blason.
Le métrage peut également s’appuyer sur une mise en scène de qualité, sobre et directe qui ne s’enquiert d’aucun artifice, en effet les travellings et autres plans panoramiques ont été mis de côté au profit de prises de vue principalement faites caméra à l'épaule. Cette proximité avec les personnages renforce un peu plus l’empathie du spectateur envers eux. Par ailleurs toutes les scènes filmées à Philadelphie l’ont été en extérieur donnant une empreinte particulière à l’image qui absorbe parfaitement les teintes grisâtres qui dominent la banlieue où vit notre héros. Le metteur en scène a également su faire preuve d’une belle maîtrise dans sa façon de filmer le combat final, lui conférant une intensité rare, où la violence des coups portés se fait ressentir à chaque instant. Tandis que
Sylvester Stallone livre une belle interprétation comme il n’en avait plus délivrée depuis Copland,
Rocky Balboa peut également compter sur le truculent
Burt Young toujours aussi râleur dans le rôle de Paulie, mais aussi sur Geraldine Hughes qui est plus que convaincante dans le rôle de la fragile Mary. Néanmoins
Rocky Balboa n’est pas dépourvu de défauts, à commencer par quelques dialogues dont on se serait bien passé, du style « un boxeur, c’est fait pour boxer ». Le film est également jalonné de bonne morale, tendant à prouver une fois de plus que l’on peut réaliser son rêve dès lors qu’on y croit dur comme fer. Enfin il faut avouer que
Antonio Tarver, qui est l’adversaire de Rocky est plus à l’aise avec des gants que lorsqu’il s’agit de jouer la comédie. Sylvester Stallone offre une belle sortie au personnage qui fit sa gloire, en dressant le portrait touchant d’un homme tenant à retrouver goût à la vie à travers la passion qu’il a du abandonnée. Dommage qu’il n'ait pu éviter la présence d’un discours moralisateur, faisant une fois de plus l’apologie du rêve américain.