Dans L'An 1 : Des débuts difficiles, Jack Black et Michael Cera nous font découvrir les débuts barrés de l'humanité.
A l'heure où l'on ignore encore de qui entre
Ivan Reitman et
Harold Ramis s'occupera de la réalisation de l'éventuel
S.O.S Fantômes 3 (les deux hommes n'ont pas l'air d'accord sur ce point), il est légitime de se demander si un troisième choix ne serait pas la meilleure des solutions. Car il faut bien l'avouer, aucun des deux prétendants ne semble indiqué pour prendre le flambeau, ou pour le garder dans le cas du premier prétendant,chacun ayant perdu le feu sacré. Avec
L'An 1 : Des débuts difficiles, l'auteur d'
un Jour sans fin continue sa progressive dégringolade amorcée depuis maintenant une décennie - suivant le pourtant très inspiré
Mafia Blues – malgré l'apport répété de concepts inspirés mais malheureusement traités avec un certain et constant laxisme. Son association avec
Judd Apatow, désigné un peu à la hâte comme nouveau fer de lance de la comédie américaine, ne change pas foncièrement la donne.
Ce voyage au temps des balbutiements de l'humanité de deux homo-sapiens, nigauds chassés de leur village après que l'un deux a osé goûter au fruit défendu de la création, ne trouve que peu de matière à satisfaire les zygomatiques. D'abord parce que ce récit débute tel un
RRRrrrr !!! yankee qui évolue vers une relecture de
La Vie de Brian des
Monthy Python, l'humour anglais en moins, pour finir sur un quasi remake de
Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ de
Jean Yanne (on exagère à peine) et ne se traduit que par une pluie de gags mille et une fois vus, certains usés jusqu'à la corde, et est parsemé de références très pipi/caca pour agrémenter ce détournement de certaines figures emblématique de la Bible (Caïn et son frère décédé par « accident », le prophète Abraham très porté sur la circoncision…).
D'autre part, les comédiens ne peuvent s'empêcher de se reposer mollement sur les acquis qui ont fait leur notoriété : aussi doué qu'il peut l'être,
Jack Black se contente de faire du
Jack Black à la virgule près, tout comme
Michael Cera fait… du
Michael Cera. Tout cela rend bien sage un produit voulu totalement barré, dont le formatage familial clignote en gros toutes les cinq minutes. Et que dire de la mise en scène purement illustrative d'
Harold Ramis (pour en revenir à lui), ne parvenant pas à revêtir le gigantisme et la fougue des péplums à grande échelle que
L'An 1 : Des débuts difficiles parodie allègrement. Non, pour
S.O.S Fantôme 3, il faudrait dénicher une nouvelle tête, sinon les risques de se retrouver face à du réchauffé seront trop grands.
Quelques siècles en arrière de ses modèles, L'An 1 : Des débuts difficiles reste cantonné dans le carcan pauvre de la farce historique, bien en dessous de ambitions qui devaient être les siennes.