Une palestinienne emmène son fils étudier en Amerrika. Et la chose ne se fera pas sans difficulté.
La vie est compliquée pour Mouna. Enfermée dans un quotidien morose, au coeur d'une Palestine occupée, devant à chaque fois subir de multiples contrôles et contourner ce mur de la honte, elle va décider d'accéder à la requête de son fils, à savoir l'emmener étudier aux Etats-Unis. D'abord heureuse de retrouver sa sœur, habitant dans l'Illinois depuis une quinzaine d'années, elle va vite se frotter à la dure réalité de la difficulté de trouver un job et de faire face au regard méfiant de quelques individus, en cette période où l'Armée Américaine vient d'envahir Bagdad.
Le choc des cultures, le ressentiment, voire la peur, face à l'étranger, l'endoctrinement d'un peuple rendu ignorant à son insu, voilà quelques-uns des thèmes développés dans cet
Amerrika sincère mais trop gentillet pour pouvoir marquer les esprits. Car oui,
Cherien Dabis dit des choses justes sur les faiblesses de l'être humain, sur son pouvoir néfaste, illustré aussi bien du côté du Moyen-Orient par la situation improbable et semblant malheureusement inextricable, que du côté américain, avec sa population mal informée par les médias, et faisant rapidement des amalgames. Mais cela est fait la plupart du temps à travers des saynètes très prévisibles et pas particulièrement inspirées, nous étalant des faits évidents, qui ne nous apprennent au final pas grand chose.
Amerrika opte néanmoins pour une légèreté de ton et un certain optimisme (le plan final résume à lui seul cette volonté), parsemée de quelques moments comiques bien sentis, se reposant sur le parcours de Mouna, qui éclairent tout ça d'une façon bienvenue.
Le film se laisse donc suivre grâce à son personnage principal, admirablement incarné par
Nisreen Faour, qui s'impose comme une superbe révélation, par son jeu transpirant le naturel. On ne pourra pas non plus nier l'apport non négligeable de
Hiam Abbass, toujours juste, et qui est une de ces actrices capables d'imprimer la pellicule avec un rien.
Petite comédie manquant de piquant, Amerrika se laisse suivre grâce à l'abattage de Nisreen Faour, l'actrice pricipale, qui s'impose comme une belle révélation.