Présenté à Cannes puis à Annecy en avant-première, Lascars se livre à nous pour le pire… mais surtout le meilleur !
Banlieue parisienne, un duo d'une cité du 93 veut partir en vacances. Malheureusement pour eux, tout ne va pas se passer comme prévu : en effet, ils ont acheté les mauvais billets d'avion et aucun retour en arrière n'est possible. C'est décidé, il n'y aura « aucunes vacances pour les vrais gars ! ».
Porter à l'écran une série, qui plus est animée, est un challenge difficile. Pour
Les Simpson, le pari fut largement réussi grâce à l'inventivité toujours excellente des scénaristes américains. Grâce à
Canal + qui diffuse la série, les spectateurs vont enfin pouvoir retrouver Les
Lascars sur grand écran après de nombreux épisodes tous plus excellents les uns que les autres. Car une chose est certaine, c'est que le film est une excellente comédie qui ne cesse de nous faire rire grâce à un scénario bien trouvé, ne laissant aucune place aux temps morts. Pourtant, c'était mal parti : au début, on a le droit aux traditionnelles musiques typées rap, nous transportant ainsi dans l'ambiance des cités parisiennes. Mais dès que l'on fait la connaissance de Tony Merguez et de José Frelate, la sauce prend à merveille. Plein d'énergie, le film ne se prend pas au sérieux une seconde, et n'est pas là pour véhiculer un message en particulier. Ainsi, on se moque de tout, la totalité des acteurs majeurs d'une banlieue en prendront pour leur grade, quitte à caricaturer. Les policiers pour commencer, complètement déjantés, qui n'hésitent pas à boire de l'alcool tout en dansant sur de la techno, ou encore les fameux jeunes à l'entrée des immeubles avec leur bagnole toute carrossée, mais aussi les banlieues chics autour des « ghettos » parisiens.
Le scénario se permet tout, même le pire ! Et c'est cela que l'on apprécie, pas de censure, rien que de l'humour. De plus, l'histoire s'allie parfaitement bien avec les voix « en or » composant le casting du film. Tout d'abord
Vincent Cassel qui campe Merguez, l'un des personnages principaux, mais également en secondaire,
Omar Sy (Narbé),
Gilles Lellouche (Zoran) ou encore
Vincent Desagnat en producteur de porno (John Boolman). A cela s'ajoute un cast glamour qui vient dynamiser le duo principal,
Diane Kruger (Clémence) et
Frédérique Bel (Manuella). Cette dernière joue d'ailleurs un personnage féminin complètement fou, puisque très possessive. C'est le pire de ce que l'on peut trouver chez une femme en quelque sorte, lorsqu'un garçon veut rompre, c'est une véritable furie qui prend la place de Manuella et en plus… elle est flic !
Les graphismes sont également un point fort du film, puisqu'ils sont en 2D la plupart du temps, sur fond de réalisme. Les décors sont photo-réalistes, ce qui permet parfois de discerner les paysages de Paris, tout en mettant en scène des petits bonus à retrouver. Tout cela sur une bande son excellente, qui plaira au plus grand nombre que vous soyez fan de rap ou pas. Il y a toutefois quelques points noirs à retenir, car
Lascars est loin d'être un film parfait. Le langage utilisé est très « djeunizé » ce qui veut dire qu'il faudra aller à la projection avec une oreille avertie. Le public visé est jeune, mais pas trop, puisque les sujets restent parfois très tendancieux, entre le porno, la drogue, les armes ou l'alcool, vous auriez tort de vous embarquer dans cette aventure avec l'un de vos jeunes enfants.
Lascars est une très grosse surprise. Ne se prenant pas au sérieux une seconde, c'est du bonheur en barre, on rigole grâce à un humour omniprésent et une réalisation qui tranche avec les films d'animation d'aujourd'hui.