Après s'être rencontrés sur le plateau de Le Secret de Brokeback Mountain, Edward Zwick réunit Anne Hathaway et Jake Gyllenhaal dans une comédie romantique gonflée.
A la fin des années 90, date de l'apparition du Viagra sur le marché pharmaceutique américain, Jamie profite de son charisme pour cartonner dans son nouvel emploi au sein des entreprises de médicaments Pfizer et écouler antidépresseurs et cachets érectiles comme des petits pains. Tout lui réussit jusqu'au jour où il rencontre Maggie, une belle jeune femme aimant la vie et s'éclater au lit. Leurs relations libidineuses sont torrides mais Maggie cache un sombre secret : elle est atteinte de maladie de Parkinson. Lorsque Jamie l'apprend, la donne des échanges va être redistribuée au sein du couple et l'amour va peu à peu faire son apparition mettant à mal l'indépendance vitale aux yeux des deux protagonistes. Dans ces circonstances, l'amour arrivera-t'il à triompher et à dépasser la simple attraction sexuelle ?
Ayant débuté derrière la caméra par une comédie romantique réunissant
Demi Moore et
Rob Lowe (
A propos d'hier soir – 1986), l'éclectique et inégal
Edward Zwick (
Le Dernier Samouraï,
Blood Diamond) revient à ses premières amours avec ce métrage beaucoup plus ambitieux qu'il n'y parait. Son mélange de rires et de larmes, de sexe et d'amour a beau revêtir la structure « global » du film romantique (rencontre-séparation-retrouvailles), le réalisateur américain n'hésite pas à redéfinir les priorités de ses personnages qui vont, d'abord s'attirer sexuellement avant que les affres de l'amour ne leur tombent dessus. On passera sur l'hypocrite puritanisme américain qui a classé le film R-Rated pour s'intéresser au cheminement intérieur du charmant couple ainsi qu'à la peinture réaliste et terrifiante de l'industrie pharmaceutique US de la fin des nineties (cette partie du métrage se base sur le livre du véritable
Jamie Reidy qui a effectivement travaillé au sein des laboratoires Pfizer). En mêlant ces deux thèmes, l'un universel, l'autre propre à un secteur d'activité défini dans le temps et l'espace géographique,
Edward Zwick est parvenu à livrer un film émouvant, passionnant et souvent comique qui trouve sa place au dessus du lot des comédies traditionnelles du genre ne serait-ce que par la psychologie travaillée de ses protagonistes.
Aussi, chacun cache ici un trauma qu'il va devoir affronter afin de se connaître vraiment et poursuivre sa vie en paix avec lui-même. Il en va ainsi de Josh, le jeune frère de Jamie interprété par
Josh Gad (vu récemment dans le lénifiant
Droit de passage) pour lequel la sexualité pose un vrai problème et qui est responsable des scènes les plus comiques du métrage.
Anne Hathaway est resplendissante de beauté et réussit sans peine à bouleverser. Jake Gyllenhall, physique de beau gosse au sourire « ultra-brite », étonne, quant à lui, dans un rôle qui lui permet de prouver qu'il excelle aussi dans le registre de la comédie. Au passage, le scénario nous dit, sans appuyer, de belles choses sur l'amour, l'engagement ou le don de soi. On ressort de
Love, et autres drogues le cœur léger avec cette idée que malgré les drames qui la traversent, la vie est infiniment belle. Et bien qu'
Edward Zwick ne soit pas
Frank Capra, il en possède un tant soit peu la magie cinématographique (toute proportion gardée bien sûr !).
Love, et autres drogues est un film romantique original au duo d'acteurs charismatiques. On rit, on pleure. La vie quoi !