Ils sont venus, ils ont bu, ils ne se souviennent plus, par contre nous on se remémore nettement s‘être fendu la poire.
Doug Billings est bientôt sur le point d'accéder au comble du bonheur. Dans deux jours il s'apprête à épouser la femme de sa vie et intégrer sa riche famille issue de la bourgeoisie (ce qui n'enlève rien à l'affaire). Mais avant comme tout futur époux qui se respecte, il doit enterrer sa vie de garçon. C'est pourquoi ses amis Phil, professeur marié avec enfant, Stu dentiste en ménage avec une femme autoritaire, acariâtre et infidèle, et Alan le beau-frère en devenir stupide auquel il manque quelques cases, décident de l'emmener passer une nuit de folie dans la ville de tous les pêchés : Las Vegas. Logé dans la plus luxueuse chambre du Ceasar's Palace, la bande de joyeux lurons sont partis pour repousser toutes les limites de cette soirée inoubliable. Sauf qu'au réveil les trois compagnons de beuveries ne se souviennent de rien et ne peuvent expliquer le désordre de la chambre, encore moins la mystérieuse disparition de Doug. C'est le début d'une longue et déjantée réminiscence en forme de gueule de bois qui commence pour nos malheureux fêtards devant absolument retrouver leur compagnon et l'emmener au mariage.

S'il est toujours une satisfaction d'admirer un long-métrage attendu qui comble toutes nos attentes, elle l'est sans doute plus de constater la réussite d'une bobine à laquelle on n'attendait rien ou si peu. Et concernant ce mélange du très bon
Very Bad Things de
Peter Berg (partageant le déraillement d'un enterrement de vie de garçon) et du en revanche moins recommandable
Eh mec ! elle est où ma caisse (l'amnésie éthylique, le gimmick scénaristique…) on peut dire qu'on espérait pas la moindre excellence dans la gaudriole potache débridée. Preuve qu'il ne faut juger de rien, puisque
Very Bad Trip s'avère être rien de moins que l'une des meilleures comédies de ce premier semestre 2009. A condition d'en accepter la légèreté neuronale. Car
Very Bad Trip ne prétend pas à une quelconque intelligence de ton ou bien à une supposée profondeur phycologique interne.
Son dada c'est la déconne pour la déconne et on peut dire que
Todd Phillips rempli amplement son contrat sans flouer personne. Le scénario demeure prévisible dans son fil conducteur (on suppose assez facilement l'endroit où est Doug) mais empile les gags et situations irrésistibles à un rythme de métronome qui ne stoppera qu'une fois la dernière image de l'écran disparue et le rire avec. Que ce soit dans le graveleux, le délicieusement crétin, l'absurde situationnel, la parodie cinéphilique (bravo au clin d'œil de
Rain Man),
Very Bad Trip marque des points dans le camps de la sympathie. Le résultat d'une bonne écriture sachant doser ses effets (le statut du ni trop ni pas assez toujours payant dans ce genre de situation), supportée par un casting extrêmement bien sélectionné.
Zach Galifianakis restera la révélation du film (lui et son improbable slip) tandis que
Ken Jeong en chef de triade efféminé demeure le coup de cœur de cette farce à laquelle on apprécie aussi le caméo de
Mike Tyson, très à l'aise dans la chanson et le pastiche de son image.
Une virée à Las Vegas, un trio de nigauds, des problèmes comme s'il en pleuvait… parfois on se dit qu'un bon délire à savourer entre amis n'est pas si compliqué que cela à réaliser. En tout cas celui de Very Bad Trip mérite le déplacement.