Ironiquement, cette remise à jour d'un petit film culte des eighties devrait plaire davantage aux vieux nostalgiques qu'aux fans pré-pubères de High School Musical dont elle se situe à des kilomètres.
On ne cachera pas que l'on avait été un tantinet effrayé par l'annonce d'un remake de
Footloose. Non pas que l'on considère l'original comme un intouchable (malgré un souvenir très ému qui continue à vivre), mais proposer une relecture moderne de ce produit culturellement indissociable des années 80 semblait être voué à un échec quasi suicidaire. Franchement, qui, à l'heure actuelle pourrait donner un semblant de sérieux à cette histoire d'une bourgade du sud des Etats-Unis ayant banni la musique et la danse suite à la mort tragique d'une bande de jeunes à la sortie d'une soirée trop alcoolisée ? Déjà à l'époque c'était un peu limite. Le pire était sans doute la crainte de voir les producteurs mener le projet vers un ersatz de
High School Musical pour servir de véhicule à l'acteur
Zac Efron (dieu merci il a refusé). La présence antérieure au poste de commande de
Kenny Ortega laissait penser que ce nouveau
Footloose prendrait effectivement cette direction. Curieusement c'est tout le contraire qui se passe.
Alors que la logique commerciale d'aujourd'hui voudrait que le film tente une opération de séduction des moins de vingt ans en effectuant un ravalement de façade complet, c'est finalement l'ancienne génération qui devrait y trouver son compte. En collant au plus près de la structure narrative de la version de 1984,
Footloose cru 2011 ressuscite la fibre nostalgique toujours aussi entrainante, toujours aussi futile de son aïeul. Un plaisir immédiat que même l'esprit rebelle du dimanche du héros (déjà sage dans le premier) ou le moralisme chrétien de la dernière bobine n'arrivent même pas à entacher. Il faut dire que l'on vient essentiellement pour tapoter du pied au gré de numéros de danse au rythme endiablé. Et malgré un petit côté racoleur dans la pluralité des styles (en essayent de contenter toutes les communautés musicales, le risque est de ne contenter personne),
Craig Brewer rempli aisément son contrat. Le bonhomme derrière
Hustle & Flow et
Black Snake Moan confirmant une fois encore qu'il est un réalisateur des plus compétents lorsqu'il s'agit de filmer la musique et de donner du relief à l'Amérique sudiste. Bien sûr,
Footloose n'est pas un modèle de profondeur, mais il est mené par les convaincants
Kenny Wormald et
Julianne Hough qui font honneur à leurs prédécesseurs.
On pourra toujours le traiter d'inutile mais ce Footloose version 2011 s'avère plaisant à suivre. Probablement parce qu'il suit de très près les pas du premier.