George Clooney est un tueur américain en Italie devant la caméra d'Anton Corbijn.
Jack est un tueur à gages expérimenté. Mais il voit sa dernière mission mal tourner, entraînant la mort de la femme qu'il aime. Pour honorer un dernier contrat, il se rend dans un village reculé dans la montagne italienne, où il va se fondre au sein de la paisible communauté et se rapprocher du prêtre. Mais il sent rapidement des présences menaçantes tandis qu'il effectue un travail pour une cliente aussi déterminée qu'intrigante. Il tombera également sous le charme d'une italienne malgré les dangers qu'il sait que cela peut engendrer.
Ceux qui attendent un thriller pétaradant avec
The American se mettent le doigt dans l'œil. C'est ne pas connaître son réalisateur,
Anton Corbijn, qui avait réalisé le remarqué
Control, film aux qualités esthétiques indéniables qui savait prendre son temps. Pour son second film, adapté du roman homonyme, celui-ci continue d'imprimer sa marque en l'améliorant, et on ne sera pas étonné que
George Clooney producteur l'ait choisi pour réaliser le film, dont l'affiche rétro ne ment pas. On a en effet droit à un thriller qui semble nous ramener dans les années 50-60, au temps des
Antonioni et autre
Melville, aux cadres soignés, à la mise en scène épurée, usant jusqu'au minimum utile de dialogue et de musique pour se donner finalement des allures de film racé mais pas prétentieux, parvenant à faire exister de vrais personnages et créer de réelles connexions entre eux avec des petits riens. Ici, nul besoin de longues tirades ou de scènes d'actions surfaites, tout est dans la subtile mise en place de l'intrigue et la montée efficace d'une tension sourde qui parvient à captiver pendant les 100 minutes que dure le métrage.
Par ce biais,
Anton Corbijn parvient à retranscrire magnifiquement à l'écran la solitude de son héros et la situation quasi-inextricable qu'impose sa situation professionnelle tout en tirant le meilleur parti de son décor qui s'impose comme un personnage à part entière. Pour adapter le roman original, il faut louer le travail de
Rowan Joffe, scénariste qui a déjà brillé sur
28 semaines plus tard, livrant un récit fluide qui ne s'embarrasse pas de fioriture, espaçant brillamment ses scènes clés pour mener à un final peut-être attendu mais bien amené.
The American est également l'occasion pour
George Clooney de démontrer ses talents d'acteur, capable d'imprimer avec force la pellicule lorsqu'il le veut, livrant ici un jeu tout en retenue d'une remarquable justesse, n'écrasant pas pour autant des seconds rôles qui savent exister grâce à leur dose de mystère. En tout cas, après
Control,
Anton Corbijn confirme qu'il est un metteur en scène qu'il faudra suivre de très près.
Anton Corbijn livre un thriller à l'ancienne bien maîtrisé, porté par un George Clooney irréprochable.