Cassel, Mesrine, Richet… soit le tiercé gagnant d'un biopic dévolu à la résolution du mystère Jacques Mesrine. Second volet avec Mesrine : L'Ennemi public numero 1.
Avec
Mesrine : L'Instinct de mort, nous avions laissé « monsieur Jacques » sur le point de revenir en France après avoir abattu froidement deux gardes forestiers canadiens. Un retour précipité au foyer qui marquera à jamais dans le sang la légende du personnage.
Si le premier chapitre était l'exposition d'une tragédie se profilant à l'horizon, d'un destin prédéfini à l'avance,
Mesrine : L'Ennemi public numero 1 se pose alors d'emblée comme une longue course effrénée vers la mort, l'inébranlable chute que ni le butin des coups audacieux (les hold-up de Deauville, la Société Générale), ni les évasions audacieuses en série, ni la célébrité médiatique ne viendront réellement ralentir. De ce fait, le rythme s'accélère, battant la cadence par les coups d'éclats perpétrés sous les feux nourris (ça défouraille pas mal) entre le criminel et une police ridiculisée et terrifiée par l'opulente chance de celui-ci.
Son interprète principal,
Vincent Cassel suit également le pas (même s'il ne réussit pas toujours à éviter la « Scarfacilisation » du rôle), se transformant physiquement au gré des épisodes clés de la vie de Mesrine, obligeant le cadre serré du précédent opus à s'élargir devant son aura indestructible, sa soif de liberté inébranlable. Le film de Jean-François Richet continue d'exister et de vivre uniquement pour lui (l'acteur est présent dans presque tous les plans), la caméra colle à ses basques comme si elle avait peur de perdre de vue l'une des facettes de ce caméléon.
Naturellement, le script ne peut détailler en profondeur certains liens unissant le « monstre » et d'autres personnages, à l'exemple de la relation bandit/flic entretenue entre l'ennemi français et le commissaire Broussard (
Olivier Gourmet grand oublié). C'est regrettable mais c'est la résultante d'un vrai choix scénaristique. Soit ça passe soit ça casse, et côté dégradations les dégâts sont minimes jusqu'à sa conclusion attendue au tournant.
Et il est bon de constater que cette dernière n'a pas succombé aux sirènes du politiquement correct ni joué la carte de l'indécision, et ose sciemment remettre de l'huile sur le feu d'une polémique jamais vraiment éteinte, y compris après la décision de justice de 2006 qui aurait voulu boucler une bonne fois pour toutes l'affaire du 2 novembre 1979, Porte de Clignancourt … raté. Normal, les légendes ne meurent jamais.
Une seconde partie détonante, pleine de bruit et de fureur, s’inscrivant dans la logique de la précédente.