Pas de repos pour le guerrier Jason Statham qui, quelques mois seulement après Le Flingeur et Blitz, reprend du service pour secouer l'année 2011.
Jason Statham a beau avoir un jeu d'acteur des plus limités, une disposition a formater pratiquement tous les projets qu'il intègre ou à camper toujours le même personnage, le comédien garde un capital sympathie indéniable pour tous les amoureux de la castagne sur pellicule. Surtout quand celui qui a rendu la calvitie sexy donne le meilleur de lui-même. Comme dans ce
Killer Elite, son opus le plus défendable depuis un petit moment déjà (depuis
Braquage à l'anglaise?). Pas le chef-d'œuvre explosif de la décennie mais une de ces productions pour samedi soir casanier qui remplissent parfaitement leur mission. Autant que
Jason Statham – dans l'éternel rôle du tueur à gage parti en retraite - s'acquitte bien de la sienne : à savoir dézinguer en toute discrétion trois anciens membres du SAS responsables de l'assassinat des fils d'un sultan de l'Oman quelque peu revanchard. Des bévues militaires du gouvernement britannique, notre héros s'en tamponnerait le coquillard si sa majesté ne retenait pas prisonnier son ami et mentor (
Robert De Niro) afin de s'assurer que justice soit rendue. Encore faut-il ne pas se faire pincer par un officier anglais mis sur le banc de touche (
Clive Owen), voyant d'un très mauvais œil les décès « accidentels » de ses frères d'armes. Inutile de dire que dans de telles conditions, la bienséance voudrait que la fine fleur de l'assassinat constituée, la joue tout en finesse.
C'est effectivement le cas dans une première partie préférant l'action discrète avant que l'appel du chant bourrin (la spécialité de Statham) ne reprenne ses droits. Dans le genre ultra balisé, le réalisateur
Gary McKendry s'en sort avec les honneurs, fournissant la charpente adéquate pour accueillir un scénario solidement brodé, même si on repère ses défauts de coutures d'un coup d'œil.
Robert De Niro a beau faire de la figuration dans ce jeu du chat et de la souris au pays des barbouzes, la légende y livre une prestation plus convaincante que nombreux de ses derniers « grands » rôles où il paraissait peu concerné. A côté, ses deux partenaires cadets se montrent des adversaires de premier ordre et donnent tout son charisme à
Killer Elite. Un thriller rondement mené qui délaisse les tergiversations inutiles, la présence féminine (hormis la copine de Jason faisant tapisserie) et la véracité historique de son sujet, glissant d'un suspense paranoïaque issu des seventies vers une opération franche et musclée, digne des actioners des années 80.
Délaissant progressivement la subtilité pour un bon gros passage à l'action punitive, Killer Elite se contente de jouer la carte du spectacle dynamique et batailleur. De ce côté là, c'est une mission réussie.