Cassel, Mesrine, Richet… soit le tiercé gagnant d'un biopic dévolu à la résolution du mystère Jacques Mesrine.
L'attente fut longue, parsemée de rumeurs, d'annonces, de contre-annonces, de désistements, de reports et de reprises inattendues, mais le voilà enfin ce diptyque - autant désiré que redouté - sur la vie de Jacques Mesrine, légende française du banditisme, reprenant presque trente ans après sa mort violente et controversée, les passions d'un public (même le plus jeune) y apposant ses propres fantasmes et qui depuis tout ce temps a nourri le mythe.
Mais quel homme se cachait derrière les coups d'éclats criminels sanglants ? Derrière les multiples postiches arborés ? Derrière les nombreuses évasions de prison ? Derrière la « star » médiatique qui aimait se servir des journalistes pour se mettre en valeur ? Derrière l'anarchiste affirmant combattre par son action tout un système gouvernemental ? Fut-il un héros, une sorte de robin des bois moderne ou bien une simple racaille sans foi ni loi ?
Aucunement le premier, répond
Jean-Francois Richet, s'évertuant avec cette première partie,
Mesrine : L'Instinct de mort (puis la seconde
L'Ennemi public n°1), à démystifier le personnage. Jacques Mesrine était avant tout un être humain avec de multiples fêlures : des premiers crimes sous le drapeau français durant son service en guerre d'Algérie, puis un difficile retour à la vie civile le conduisant à se diriger vers le petit gangstérisme qui le mènera au pénitencier et ensuite en exil au Canada où il connaîtra l'enfer des centres de rééducation québécois. La période qui fomentera à jamais sa haine des autorités et le mènera au point de non-retour de la marginalité.
Avec ce premier opus se dessinent déjà les traits d'un indompté, d'une force de la nature, d'un enragé de la vie aussi attractif que repoussant, incarné par un
Vincent Cassel au summum (qui a crié le César ?), réussissant à donner toute la gamme et la complexité émotionnelle nécessaire à ce personnage décidemment « bigger than life ». Il est le point de mire d'une grosse production léchée dans sa reconstitution et son casting de seconds rôles quatre étoiles (
Cécile De France méconnaissable), impeccablement mis en images (même si on a l'impression de regarder un téléfilm de luxe) par un réalisateur d'habitude peu recommandable mais qui semble ici avoir retroussé ses manches pour ne pas faire honte à un sujet où la notion d'erreur n'était pas permise. Comme quoi même le plus détestable des tâcherons peu se transformer en faiseur compétent.
Vincent Cassel explose littéralement l’écran dans cette exposition délectable de la vie de l’ennemi public n°1. Et ce n’est que la première partie ! La suite est encore meilleure…