Home bouleverse la chronologie des médias avec une diffusion mondiale simultanée sur tous les supports.
Home est un documentaire réalisé par
Yann Arthus-Bertrand dans un but non lucratif à l'occasion de la journée mondiale de l'environnement. Avec un dispositif de diffusion unique, le long-métrage s'est retrouvé en première ligne sur tous les médias : cinéma, DVD, télévision, VOD, projection gratuite en plein air, dans plus de 50 pays. Bref, une façon de sous-entendre que personne ne pourra échapper à LA grande vérité sur notre planète.
Home raconte comment l'homme a bousculé en 200 000 ans, 4 milliards d'années d'évolution.
Yann Arthus-Bertrand affiche les bouleversements qui nuisent à la planète et qui nous laissent peu de temps à vivre si nous ne reprenons pas de bonnes habitudes. Entre le réchauffement climatique, la pollution, les inégalités du partage des richesses naturelles, l'extinction des espèces, rien n'échappe au documentaire qui tente de dresser un constat à la plus grande échelle.
On ne peut que saluer l'initiative de ce documentaire produit par Besson. Un dispositif unique de diffusion qui tente de rassembler au même moment, la population du « monde entier » autour d'un message universel. Bien que l'on croit, au premier abord, à une mauvaise blague lorsque l'on découvre les différents sponsors qui ont soutenu le projet (Fnac, Yves Saint-Laurent, Conforma, Puma), on se laisse tenter par l'expérience en essayant de se dire que ces grandes industries essaient sûrement de se racheter une bonne conduite. Alors oui, les images sont belles. Avec une beauté sans pareil,
Home nous fait visiter les quatre coins du monde et nous raconte l'histoire de notre planète, notre histoire. Sans jamais verser dans le discours apocalyptique, la voix-off omniprésente se veut omniprésente, de façon à nous rappeler que la sublime photographie que l'on admire sur nos écrans n'est qu'un leurre. Sous ses airs de blockbuster, ce spectacle de la nature nous happe par sa beauté et son optimisme forcé bien amené. Car les bouleversements engendrés par l'homme ne nous laisse que peu de temps pour agir, aussi la voix-off précise qu'il est « juste » trop tard pour être pessimiste, nuance. En revanche, optimisme convenu lorsque le documentaire constate le début de prise de conscience de l'homme. Et de nommer les différentes actions engagées autour de notre planète pour tenter de remédier à cette catastrophe imminente : commerce équitable, OMG, énergies renouvelables…
On sait bien que
Yann Arthus-Bertrand est plus un militant écologiste qu'un cinéaste affirmé.
Home n'a d'ailleurs pas la prétention de verser dans l'originalité, seulement le schématisme de son documentaire grand spectacle finit par lasser et rend le discours soporifique. L'angle de prise de vue ne change jamais. Les plans aériens se succèdent et nous donnent l'impression d'être extérieur au sujet alors que nous aurions dû avoir le nez fourré dans ces décharges où de nombreux affamés viennent y chercher de quoi manger, voir de plus près la surpopulation de certains pays déjà victimes du réchauffement climatique.
Yann Arthus-Bertrand ne semble pas aller au bout de sa démarche. Car au-delà du constat que nous commençons à connaître par cœur, peut-être attendons-nous des propositions. Que pouvons-nous faire, à titre individuel, à part trier nos déchets et consommer « mieux » ? (dur, dur de prôner le boycott des produits des entreprises polluantes quand on voit les sponsors n'est-ce pas ?). La voix-off parle de l'homme comme individu, accuse les occidentaux de consommer 80% des richesses naturelles, mais n'illustre ses propos que par des mesures entreprises par les gouvernements (remplacer les hommes par les machines n'est sûrement du ressort de l'ouvrier licencié, la déforestation non plus) sans jamais les nommer franchement. Le manichéisme trop facile nous range dans des catégories figées sous le couvert de chiffres et statistiques que le narrateur nous martèle durant 1h33. Des chiffres qui perdent leur sens tant ils pleuvent sur la bande-son et finissent par ne plus avoir d'impact sur le spectateur.
Une excellente initiative qui ne convaincra cependant pas tout le monde avec son discours frileux. Certains apprécieront la voix-off digne de celle d'un gourou qui commente les sublimes images aériennes, tandis que d'autres auraient préféré voir la vérité de plus près et ne pas être le témoin omniscient d'une misère vue d'en haut.