Le commandant du navire « Radio Rock » et son équipage vous souhaitent un bon et agréable voyage sur la mer agitée du rock.
Le rock c'est plus que de la musique. C'est un état d'esprit. Un vent total de liberté, de révolte et de libre pensée qui parcours l'ensemble du corps et du subconscient… bref on peut dire que le rock demeure presque un mode de vie en soit. Un mode de vie progressiste qui à l'aurore des années 60 n'était pour plaire aux autorités guindées et réactionnaires du gouvernement britannique qui tenta de contrôler le flux de diffusion de cette musique de la décadence juvénile. Alors que cette musique connaît un boum sans précédent dans le monde, la BBC ne propose que deux microscopiques heures de rock par semaine. Mais c'était sans compter sur le soutien de radios pirates allant défier l'hégémonie conservatrice et inonder les ondes du pays entier.
C'est ce postulat véridique que
Richard Curtis a choisi pour signer sa deuxième réalisation. S'il n'est plus tout à fait question de romance, l'auteur des scripts de
Quatre mariages et un enterrement et
Coup de foudre à Notting Hill continue malgré tout de disserter sur l'amour. Celui de la musique (la vraie), de l'amitié masculine qui unie ses huit dj cocasses, tous flanqués à bord d'un bateau au large des côtes, dépourvu de présence féminine hormis la cuisinière lesbienne, faisant front commun contre l'adversité incarnée par un ministre rétrograde (
Kenneth Branagh dans un merveilleux cabotinage) qui essaye par tous les moyens de faire taire cette joyeuse bande. Totalement jubilatoire,
Good Morning England est un film de potes auxquels on voudrait absolument se joindre, partager la fantaisie, la mélomanie et les conquêtes. Une comédie savoureuse de bout en bout (pourtant la durée accuse plus de 2 heures de bobine) dans la pure tradition du cinéma social anglais doté de personnages décalés et attachants, servis par un parterre de comédiens absolument tous géniaux. On ne les citera pas tous, il vous suffit de lire le générique complet.
Good Morning England c'est aussi une œuvre nostalgique sur une époque charnière mais éphémère où la contestation, la marginalité et le style de musique qui les accompagnait, avaient encore une certaine signification avant que ses valeurs ne soient ingurgitées dans le conformisme de masse devenu aujourd'hui la ligne de conduite encadrée d'une jeunesse futile se croyant aveuglement en dehors de la machine alors qu'elle en est l'un des rouages. Oui toi adolescence qui te dit rebelle alors que tu es la première à plonger la tête baissée dans le formatage mercantile et du politiquement correct, toi qui adule et fait un triomphe à une ignominie comme
Twilight et ses vampires entrés dans le rang alors que la créature est avant tout synonyme de déviance et de subversion… Et bien toi, cours dans ta salle obscure la plus proche et va voir
Good Morning England, va t'imprégner et t'enivrer d'une bande originale du tonnerre de dieu (
Les Rolling Stones, Les Who, Otis Redding, Jimy Hendrix, The Kinks et tous les grands immortels) et voir une ancienne génération qui se défonçaient, forniquaient et enfreignaient les règles non pas pour faire comme son voisin, mais justement pour ne pas entrer dans le moule, juste pour être et non paraitre. Des mecs qui savaient vraiment profiter et apprécier les plaisirs de la vie.
Vous l'aurez compris (ou pas),
Good Morning England est une dose de concentré de plaisir imprimé sur pellicule, drôle, passionnante, toujours de bon goût et perspicace, une croisière du délire remettant les pendules à l'heure dont il est pénible de quitter le bâtiment une fois revenu sur la terre ferme. Toutes les bonnes choses ont une fin, seul subsiste le rooooock n' roooollllll !!!!!
En s'éloignant de son style de production habituel, Richard Curtis nous offre son meilleur film, une balade aussi mouvementée que jouissive sur le caractère insoumis du rock et des radios pirates. Dédicace spéciale au casting et à la bande son qui méritent toutes les ovations.