Robert Rodriguez produit un nouvel opus à la saga Predator avec le réalisateur de Motel et Blindés aux commandes.
Après les intermèdes boiteux et dispensables des
Alien VS Predator, voilà que la bestiole révélée au monde par
John McTiernan revient dans un film qui est réservé à sa seule espèce toute entière. C'est donc
Robert Rodriguez qui a décidé de produire, à défaut de réaliser, cet opus pour lequel il a fait confiance à
Nimrod Antal, metteur en scène prometteur avec son
Motel, afin qu'il dirige toute la fine équipe qui sera au coeur de cette grande partie de chasse. Car on y retrouve en effet une ribambelle de gens plus ou moins fréquentables, parachutés on ne sait pourquoi (et ils ne le savent pas non plus), au cœur de cette jungle où ils vont vite se rendre compte qu'ils sont menacés par des bêtes plus fortes que des hommes, s'amusant avec eux avant de partir à leur chasse pour ramener des trophées à la maison. La bande va donc devoir s'unir sur cette terre hostile où tout peut arriver…
Il y a toujours une crainte de voir une telle icône que le predator reprise à son compte par un autre réalisateur depuis que
John McTiernan l'a instauré au firmament des monstres sacrés du cinéma fantastique. Si on ne pourra pas dire que cette version plurielle soit une réelle réussite, elle n'a pourtant pas à avoir honte et tend à réhabiliter une bête sérieusement blessée par les épisodes qui l'opposait aux Aliens. En bon artisan,
Nimrod Antal parvient à donner un rythme efficace au métrage, au sein duquel l'action ne fléchit pas, enchaînant les péripéties sur un bon tempo, en tous cas suffisamment pour que l'on ne s'y ennuie pas. Ayant par instants des airs de bel hommage à l'œuvre originelle, surtout lors d'une première moitié de film bien maîtrisée où la menace se fait pernicieuse et de plus en plus pressente avec quelques scènes clins d'oeil,
Predators a des atours de divertissement pas mal troussé qui n'hésite pas à prendre de l'écart et quelques libertés lorsqu'il le faut pour instaurer son cadre propre. Les ajouts de quelques bêtes sont plutôt les bienvenus pour compléter un attirail de chasse crédible et la rivalité suggérée entre les predators confirme qu'ils ne sont en définitive pas très éloignés de l'homme.
Dommage que le défi d'installer une grande ribambelle de personnages là-dedans ne soit pas très bien relevé,
Predators tombant dans le piège du trop plein de protagonistes dont quelques-uns sont forcément relégués au rang de faire-valoir lorsqu'ils ne sont pas réduits à de simples caricatures un brin frustrantes. On pourra également mettre en cause un scénario qui patine dans sa dernière partie, ne permettant pas à
Nimrod Antal de faire monter la pression jusqu'au final, qui s'avère plutôt confus et tiré par les cheveux, tout comme l'apparition de
Laurence Fishburne s'avère tout à fait dispensable. Heureusement, le film ne se bride pas trop au niveau de la violence, lui permettant de garder une certaine force lors de quelques affrontements brutaux, même si on sent au final qu'il y avait un potentiel supérieur dans tout ça. On ne pourra malheureusement pas citer un casting interchangeable au rang des grandes qualités du film,
Adrien Brody ayant par exemple un charisme bien moins efficient qu'
Arnold Schwarzenegger en 1987. On pourra par contre citer en bon point une partition musicale pleine d'à propos de la part de
John Debney qui sait se faire subtile en n'usant pas d'effets n'importe quand et n'importe comment, et aussi l'application accordée au look des predators, évitant les effets digitaux hors de propos.
Partez à la rencontre des Predators dans un film qui parvient à divertir malgré quelques lacunes dommageables.