En attendant le Choc des Titans de Louis Leterrier, les jeunes ont droit à leur version dégraissée et aseptisée.
Percy Jackson est un adolescent comme les autres. Du moins c'est ce qu'il croit, jusqu'au jour où il apprend qu'il est un demi-dieu né de l'union de Poséidon et de sa mère mortelle, et qu'on l'accuse à tort d'avoir volé l'arme la plus puissante jamais créée, la foudre divine de Zeus. Subtilisation qui risque d'entraîner une bataille céleste dont la première victime serait la Terre. Accompagné de fidèles comparses, Percy se met alors en quête de trouver le vrai coupable. Mais des ennemis désireux de s'octroyer l'éclair sont là pour lui barrer la route.
A lui seul,
Percy Jackson : le voleur de foudre cumule deux grosses tares de l'actuel cinéma hollywoodien de fantasy pour enfants : la première étant le nivellement vers le bas (caché sous l'étiquette plus politiquement correcte de « vulgarisation ») de la culture pour permettre une digestion facile à un jeune public d'ignorants de plus en plus fiers de l'être et désireux de le rester. Cette adaptation du premier volume d'une série de livres écrits par Rick Riordan, c'est un peu la mythologie grecque expliquée aux nuls : on y trouve les divinités (Zeus, Poséidon...), les monstres légendaires, des centaures, des satyres, des minotaures etc. jetés pêle-mêle dans un univers bien contemporain pour être sûr que le jeune ne rejette un folklore trop poussiéreux à son goût. Il est vrai que des dieux qui forniquent avec des humaines, des héros sans peur et sans reproche affrontant des créatures effrayantes et des guerres destructrices à n'en plus finir, c'est tellement ringard de nos jours.

Ce qui nous amène à la seconde tare : cette juvénilisation de sujets adultes qui n'a de cesse de ramener le quotidien dans un cadre ne demandant qu'à être purement fantastique. Les périples de Percy Jackson (
Logan Lerman, une tête à claque) conduisent cet adolescent de 17 ans (vieilli par rapport au bouquin pour s'assurer une attention plus large) à intégrer une école pour demi-dieux avec une initiation au jeu du drapeau pour seul entrainement (wouah !), à affronter une Méduse avec un iPod en guise de miroir (trop fort !) ou encore à chausser les dernières baskets à la mode munies d'ailes (la classe !)… Voilà en gros à quoi se réduit ce minuscule Choc (Flop ?) des Titans confié aux mains de
Chris Columbus (les deux premiers
Harry Potter : tout s'explique) qui ne donne plus l'impression d'avoir été un jour derrière les scripts des
Goonies et
Le Secret de la pyramide, les antithèses absolues d‘un long-métrage annihilant tout sentiment d'aventure et d'épopée.
Même avec ces casseroles accrochées à son dos,
Percy Jackson : le voleur de foudre aurait pu éviter le statut de nanar s'il ne s'embourbait pas à chaque scène dans le kitsch inavoué (le comble pour une production voulant rendre son sujet cool), dans des poncifs ayant fait leur temps (le pote de Percy est le black, clown de service à la bistouquette qui le démange) et des raccourcis scénaristiques frisant le contre-sens (Percy a des supers pouvoirs mais il ne sait lire que le grec ancien, la fille d'Athéna (déesse de la guerre et de la stratégie) n'a pas une seule initiative de tout le film). Là encore le désastre ne serait pas complet sans des effets spéciaux ringards avant l'heure et un casting de vedettes mûres venues honteusement cachetonner (certains ont une excuse, ils l'ont fait pour leur marmots fans de l'œuvre originale). S'il y a quelque chose à sauver, ce serait l'affriolant décolleté de
Rosario Dawson en Perséphone chaude comme la braise et la très fugace pointe d'humour du scénario qui place l'entrée des enfers sous le panneau Hollywood. Irrévérencieux, Percy Jackson ? Il aimerait bien nous le faire croire.
Après la sorcellerie (les Harry Potter) et Le Seigneur des anneaux (Narnia, Eragon) pour les nuls, Hollywood nous offre la mythologie pour les cancres. Espérons qu'il n'y ait pas de suite.