Joel Schumacher s'empare de la jeunesse dorée américaine forcément paumée… aurait-il dû ?
Ah ! La pauvre jeunesse américaine riche qui s'ennuie forcément et qui finit pas se dépraver ! Le sujet a été rebattu ? Vous trouvez ? Et bien qu'à cela ne tienne puisque
Joel Schumacher plonge les deux pieds dedans en mettant en premier rôle
Chace Crawford. Ce dernier incarne « White Mike », dealer de drogue connu comme le loup blanc qui fournit du beau et fortuné monde. Il a quitté son école de l'Upper East Side et son cousin s'est fait assassiné. On va suivre sa vie et ce qui est en orbite autour, jusqu'à une fête d'anniversaire qui va mal tourner…
Quand
Joel Schumacher se prend pour un
Gus Van Sant qui scruterait le côté sombre de la série
Gossip Girl, ça donne quelque chose qu'on pourra qualifier au mieux de maladroit, même si on pencherait plutôt pour vain et soporifique. Optant pour un angle d'attaque peu original, le metteur en scène peine à insuffler de l'émotion dans son métrage au rythme assez lâche baignant dans une esthétique négligée et plombé par une voix-off trop présente qui tend à surligner les situations et à délivrer des messages consensuels et pompeux. Ce n'est donc pas la charge balourde contre les vicissitudes de ce microcosme en quête de célébrité/de drogue (au choix) ou victime de l'absence des parents qui fascinera son auditoire, celui-ci pouvant bien être indigné devant un final de mauvais goût bâclé qui vire au gloubi-boulga sombrant dans une violence tape-à-l'œil mal justifiée par un scénario développant des personnages caricaturaux au possible.
Il n'y a finalement pas grand chose à sauver dans ce film où
Joel Schumacher parle d'une certaine jeunesse avec un regard très daté et bien pensant (jusque dans sa phrase de conclusion) si ce n'est peut-être l'interprétation d'
Emma Roberts qui démontre un début de potentiel intéressant. Du côté masculin,
Rory Culkin ne s'en sort pas trop mal en apportant la fragilité qu'il faut à son personnage,
Chace Crawford supporte moyennement le poids d'un premier rôle puisqu'on ne peut pas dire qu'il crève l'écran tandis que le personnage de
Curtis Jackson est trop réduit et balisé pour que celui-ci puisse s'exprimer.
Joel Schumacher réalise une plongée aussi caricaturale que molle du genou dans les méandres de la jeunesse bourgeoise américaine pervertie. Au cinéma, ça fait cher la sieste…