Cinquième collaboration entre Benoît Jacquot et Isabelle Huppert, qui se retrouvent dans la Villa Amalia.
Parce que voir son mari la tromper est en quelque sorte l'événement de trop, Ann décide de tout plaquer. Lui, mais aussi sa vie, confortable vie de pianiste habitant un grand appartement. Voilà qu'elle retrouve soudainement Georges un ami d'enfance. Avec lui, elle va planifier sa « disparition » et s'évader ailleurs, loin, ce qui va la mener vers la
Villa Amalia. Voici le postulat, assez simple, du nouveau film de
Benoît Jacquot, qui retrouve là une actrice habituée de son travail,
Isabelle Huppert.
Villa Amalia fait partie de ces films dans lesquels il faut se laisser aller, happer, le genre d'œuvre qui parle plus aux sens qu'à la raison. Adaptée du roman de Pascal Quignard, l'histoire ne nous livre pas le réel pourquoi de la décision soudaine d'Ann, et c'est tant mieux.
Villa Amalia se vit alors comme un parcours initiatique prenant, où l'abandon et la fuite d'un monde trop cloisonné sont de mise. On s'accroche alors aux basques de cette artiste un peu lunatique et fortement attachante faisant preuve d'une désinvolture touchante. À elle seule, elle représente l'envie d'autre chose, de se déconnecter d'une vie trop pesante pour mieux se retrouver. Et lorsque c'est une
Isabelle Huppert aérienne et en forme qu'il faut suivre, autant dire que les raisons de se laisser aller sont fortes.
La trame narrative de
Villa Amalia se vit donc plus qu'elle ne s'explique, mais la qualité du métrage peut, elle, s'apprécier. Ainsi, bien emballée d'une composition musicale inspirée de
Bruno Coulais, la mise en scène de
Benoît Jacquot s'avère justement posée, collant parfaitement au sentiment d'apaisement recherché et dégagé par Ann au fur et à mesure que le film avance. Un film où tout tourne bien, presque trop bien, dans lequel il manque tout de même un brin de force pour enivrer totalement son public. Mais ce n'est qu'un léger bémol tant cette œuvre dépaysante est magnifiquement portée par son actrice principale, bien secondée par un
Jean-Hugues Anglade parfait en ami conciliant. Pour leur cinquième film en commun,
Isabelle Huppert et
Benoît Jacquot forment donc une équipe rôdée pour un travail bien fait. Et on peut tout à fait s'en contenter.
Une cinquième collaboration réussie pour Isabelle Huppert et Benoît Jacquot, qui nous font vivre un parcours singulier.