Si on avait dit un jour à Cinéma-France qu'il se ferait le défenseur de Matthew McConaughey, il ne l'aurait pas cru. Et pourtant.
Ces dernières années, on se souvient davantage de
Matthew McConaughey pour ses joggings crypto-gay en compagnie de son ami
Lance Armstrong que pour ses exploits dans l'industrie cinématographique se réduisant presque à un abonnement pour une rom-com annuelle avec
Kate Hudson. En résumé, la filmographie du comédien n'a pas particulièrement brillée en ce début de nouveau millénaire. Au mieux peut-on y extirper l'excursion sous-marine
U-571, une transformation physique badass dans
Le Règne du feu et un sympathique caméo plein d'auto dérision dans
Tonnerre sous les tropiques. C'est peu mais suffisant pour espérer le revoir reprendre sa carrière en main. Car le bonhomme peut avoir une prestance (et une certaine classe osons le dire) qu'il décide de mettre au service de
La Défense Lincoln.
Thriller judiciaire - adapté du roman éponyme de Michael Connelly – qui tombe à pic puisque McConaughey n'est jamais autant dans son élément que lorsqu'il va à la barre pour défendre l'innocent (avant de plaider dans
Le Droit de tuer ? et
Amistad ce dernier avait entrepris des études de droit). A ceci près que son client accusé de tentative de viol sur une prostituée s'avère rapidement au-dessous de tout soupçon et que sa probable culpabilité dans une affaire similaire pousse notre maître du barreau à réviser sa conscience professionnelle ne l'ayant que peu titillé ces derniers temps. Plus que son parcours rédempteur et son récit à tiroirs tirant des ficelles déjà bien éprouvées en d'autres lieux (une chance que le réalisateur appliqué
Brad Furman joue à fond la carte de la sobriété),
La Défense Lincoln tire son épingle grâce à la résurrection de son comédien principal. Celui-ci y incarne à merveille un avocat narquois et séducteur (avec toujours ce qu'il faut d'humanité), aux côtés d'une distribution de prestige venue le supporter. Même si parfois cela ne va pas au-delà d'une simple figuration de luxe (seulement trois petites scènes pour
Bryan Cranston).
Faire porter presque toute la réussite d'un film (même aussi peu révolutionnaire que La Défense Lincoln) uniquement sur les épaules de Matthew McConaughey était un pari très risqué mais le comédien se montre pleinement à la hauteur de sa tâche.