Jennifer Aniston tente une nouvelle fois de faire une percée sur grand écran avec Une famille très moderne… Essai raté.
Jennifer Aniston et
Jason Bateman jouent deux amis : l'une, approchant la quarantaine, veut un bébé mais n'a pas de conjoint, donc pense à un donneur de sperme ; l'autre trouve que c'est une très mauvaise idée. Après recherche, la première sélectionne un bon candidat ; mais le sperme de celui-ci est échangé par le deuxième, trop ivre pour en être réellement conscient, avec le sien. D'ailleurs, il ne se souvient plus de rien. Sept ans plus tard, les deux amis se retrouvent : elle a donc un petit garçon de six ans, lui n'a pas vraiment avancé dans sa vie. Confronté à l'enfant et avec l'aide d'un ami, il reconstitue son « échange » de sperme et se rend compte que zut, il a un fils, et en plus il est en train de (re)tomber amoureux de sa meilleure amie.
Le pitch comme le titre français nous font complètement lorgner du côté du traditionnel téléfilm de l'après-midi ; vous savez, celui qui est généralement allemand, téléphoné, rarement bien joué, et dont on peut deviner la suite des dialogues. Eh bien
Une famille très moderne, même s'il passe au cinéma, pourrait parfaitement occuper cette plage de programme tv. Metropolitan ne s'en est pas rendu compte, et le diffuse dans 150 cinémas… Peut-être qu'il s'est fait avoir par l'affiche :
Jennifer Aniston (tout le monde l'aime depuis
Friends, même si elle ne fait rien de spécial sur grand écran) et
Jason Bateman (très bon second rôle, mis ici sur le devant de la scène et il s'en sort plutôt bien) en couple principal, et les trop rares
Jeff Goldblum et
Juliette Lewis dans les traditionnels rôles de copain-du-héros ; rajoutons
Patrick Wilson en homme parfait et hop, voilà le succès assuré ! Sauf que non.
Après un début sympathique qui présente rapidement les personnages et la situation de façon plutôt ouverte et même irrévérencieuse,
Une famille très moderne tombe, après l'ellipse de sept ans, dans une tentative maladroite de conjuguer remise en question, rapport père/fils et comédie romantique.
Bateman sauve les meubles et les quelques dialogues avec
Goldblum sont bien agréables, mais force est de constater qu'il est tout seul : la grande faiblesse du scénario est bien trop lourde pour qu'on s'accroche. Finalement, le film aurait presque pu être un parcours personnel correct – un homme qui enchaîne les échecs amoureux se reconstruit avec son fils – s'il n'y avait pas eu cette volonté facile et terriblement maladroite d'en faire une comédie romantique : les situations téléphonées et l'absence de présence à l'écran de
Jennifer Aniston plombent les moindres chances d'un projet pourtant acceptable sur papier.
On passera donc sur le traditionnel faux rebondissement, le gosse insupportable qui se révèle doué et sensible et la ligne finalement bien sage pour le modernisme qu'on nous annonce dans le titre : ça alors, un couple qui s'aime, avec un enfant qui est à eux deux ! Oui bon d'accord il a été fait in-vitro, mais on aurait pu s'attendre à plus aventureux que ça. Il faut dire que le scénario est tiré d'une courte nouvelle, qui n'a donc pas beaucoup de matériel au départ, et que les réalisateurs n'ont à leur actif, ces dernières années, que quatre épisode de la douteuse série
Cavemen ; cela aurait pu nous mettre la puce à l'oreille, non qu'on s'attendait à beaucoup au départ.
Rien de novateur dans cette Famille très moderne, qui nous ressort en fait tous les clichés d'un téléfilm d'après-midi de vacances. Inutile de se déplacer, l'une de ces productions passera sans doute bientôt à la télévision ; et en plus, ce sera gratuit.