La présence de David Slade aux manettes de ce troisième volet permet de remonter le niveau de la saga tout en restant conventionnel, histoire de ne pas déstabiliser son public.
Les deux premiers épisodes de la saga
Twilight, inspirée des best-sellers de
Stephenie Meyer, n'étaient guère convaincants, la faute revenant à des mises en scène trop sages (celle de
Catherine Hardwicke) ou carrément illustratives (celle de
Chris Weitz) mais aussi à un scénario qui ne dévoilait que les prémices d'un récit à venir, aux enjeux définitifs. Aussi, si
Twilight – Chapitre 3 : hésitation apparaît meilleur que ses prédécesseurs c'est à la fois grâce à la réalisation de
David Slade (le metteur en scène de
Hard Candy et
30 jours de nuit) qui réussit à instaurer une atmosphère plus froide et donc plus angoissante, et à un scénario qui multiplie les intrigues (les choix amoureux de Bella qui deviennent cruciaux, l'union des Cullen et des Quileute pour contrecarrer la soif vengeresse de Victoria, la cruelle vampire, le clan des Volturi qui veillent sur le devenir de Bella…) tout en développant des personnages jusqu'ici relégués au rang de silhouettes (ceux de Jasper et Rosalie).
Fort en enseignement (une partie de la légende des Quileute nous est ici dévoilée), le film de
David Slade est nourri de flashs-backs informatifs qui tendent à diluer la bluette romantique et font le pont entre les différentes scènes d'action qui ponctuent le métrage jusqu'à la bataille, joliment chorégraphiée, qui unit les vampires et les lycanthropes contre les Nouveaux-nés, jeunes suceurs de sang dont la vitalité et la cruauté sont incomparables. Pour autant,
Twilight – Chapitre 3 : hésitation n'arrive pas toujours à s'émanciper d'une réalisation standardisée dont l'extrême simplicité, ainsi que la répétition, agace (champs/contrechamps systématiques lors des trop nombreuses scènes de bavardages, gros plans sur les visages pour transcrire l'émotion, plans larges pour resituer les personnages dans leur environnement naturel, effets spéciaux numériques à gogo lors des scènes d'action qui restent, cependant, bien mieux utilisés ici que dans le médiocre épisode précédent). Dans cet univers sombre où le doute adolescent et la mort font figure de passage à l'âge adulte (ce qui explique probablement l'engouement des jeunes et en particulier des filles qui s'identifient à Bella), certains moments font preuve d'un humour salvateur qui fait mouche notamment lors de situations où les contraires s'affrontent (la scène sous la tente qui réunit Bella, Edward et Jacob).

Si le troisième volet de la saga s'avère donc plutôt réussi, il faut le recadrer dans une série de films dont les prises de risque formelles sont minimes, les producteurs préférant se reposer sur le récit de
Stephenie Meyer ainsi que sur une narration simple et souvent classique ne prenant jamais le risque de dérouter son public qui, quoiqu'il en soit de la mise en images, voudra connaître la suite de l'intrigue. On espère, sans trop y croire, que
Bill Condon (
Dreamgirls) qui réalisera les deux parties du dernier épisode (
Révélation) saura définitivement briser la routine jusqu'ici omniprésente, pour réussir à imposer un univers personnel dans une conclusion qui devrait logiquement être à la fois plus sanglante et plus charnelle si on s'en tient au dernier tome de la tétralogie de l'auteur américaine. Un dernier détail : si vous n'avez ni vu, ni lu les deux premiers volets, résignez-vous : vous ne comprendrez strictement rien à celui-là.
David Slade réussit un épisode plus noir, à la mise en scène hésitant entre le savoir-faire personnel et les conventions de la saga. Du point de vue narratif, le métrage arrive sans peine à être plus captivant puisqu'il développe des enjeux et des personnages jusqu'ici effleurés.