Avec Le Dernier des Templiers, Nicolas Cage déclare ouverte la saison des navets 2011.
La résurrection artistique de
Nicolas Cage n'aura finalement duré qu'un court laps de temps. A peine a-t-il retrouvé les faveurs de la presse grâce à
Kick-Ass et
Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans, que le comédien retombe dans ses vilains travers « nanardesques » qui l'aident à gonfler son compte en banque mais aussi la lassitude de son public. Après un nouveau faux pas disneyen (
L'Apprenti sorcier), voici que le neveu de
Francis Ford Coppola s'affiche (lui et sa chevelure décroissante) dans une purge médiévale qui sent bon la pénurie financière. Il est d'ailleurs drôle de constater que le distributeur français de
Season of the Witch ait choisi une traduction voisine d'un dtv foireux avec
Dolph Lundgren. Comme pour nous prévenir de la catastrophe qui s'apprête à défiler devant nos yeux ébahis de consternation devant un défilé d'incrustations numériques du plus mauvais effet qui garnissent une introduction voulant égaler
Kingdom of Heaven sans posséder les moyens suffisant pour boucler un
300. Pour commencer mal ça commence mal, mais la suite ne vaut pas tellement mieux.
Fuyant la barbarie des Croisades, Behmen (
Cage non concerné), un templier en quête de rédemption et son frère d'arme (
Ron Perlman inexploité) décident de convoyer jusqu'à un monastère une prisonnière afin d'y être jugée pour acte de sorcellerie et répondre d'une épidémie de peste. Coupable ou innocente ? Tel est le seul élément sur lequel se repose l'indécrottable
Dominic Sena afin de maintenir l'attention de son audience en attendant d'arriver à un final joliment risible par sa justification scénaristique cherchant à nous faire prendre des vessies pour des lanternes. L'ennui est qu'entretemps, les sempiternelles allusions fantastiques durant le périple de Behmen et de ses compatriotes ne laissent que peu de place au doute. Cela décrédibilise du coup un suspense dont la minceur des situations, des personnages et d'une mise en scène (qui essaye tant bien que mal de cacher au maximum le manque d'argent) ne peuvent aider à éviter le gouffre vers lequel glisse progressivement
Le Dernier des Templiers. On comprend pourquoi aucune projection de presse n'a été organisée.
Ridicule sans être drôle, Le Dernier des Templiers est encore la preuve de la maladresse de la distribution française qui vient encombrer un circuit de salles déjà suffisamment surchargées avec un produit qui se serait contenté d'une simple sortie en vidéo.