Mastodonte de l'été sur lequel Warner Bros. a fondé tous ses espoirs et déboursé une exorbitante somme, Green Lantern ne s'est pourtant pas donné les moyens de réussir sa mission.
Précédé d'une réputation désastreuse Outre-Atlantique,
Green Lantern méritait-il un tel châtiment ? Posons le problème autrement : mérite-t-il vraiment d'être défendu ? Si depuis quelques années,
Warner Bros. a eu le mérite de s'éloigner des adaptations de comics foireuses (les
>Batman de
Christopher Nolan), le prestige de son catalogue (celui de
DC Comics) n'atteint pas en quantité celui de son concurrent direct Marvel. Il semble pourtant que le studio ait tout de même fini par se laisser appâté par le gain substantiel récolté par les
Iron Man en outre. Au point d'en reprendre la recette pour transposer les aventures d'Hal Jordan, l'un des super héros ne comportant pas la genèse, ni le parcours le plus cinématographique du lot.
Et c'est bien ce sentiment qui se confirme durant toute la projection de
Green Lantern, produit sans saveur qui se regarde sans jamais réussir à impliquer le spectateur. Que se soit dans le traumatisme du héros vendu à la sauvette (
Ryan Reynolds transparent dès qu'il figure dans une production mainstream), dans la découverte de ses supers pouvoirs traités de manière complètement infantile (pour quelqu'un ayant l'aptitude de matérialiser tout ce qui lui passe par la tête, la lanterne verte manque d'imagination), ou dans une interminable exposition d'enjeux dramatiques puérils que – franchise oblige – le récit ne développe qu'à moitié pour se garder quelques cartouches pour la suite (cf. le plan de fin de générique).
Moins bas de plafond qu'on pouvait le craindre (l'humour reste soft et occasionnel), le blockbuster de
Martin Campbell souffre pourtant d'une absence d'envergure caractérisée. Où sont donc passé les 200 millions de dollars dépensés ? A l'évidence dans la conception en Performance Capture de la planète Oa - loin d'égaler celle de Pandora - plutôt que dans l'élaboration de trois moments de bravoure maigrichons, dont deux en vase clos, ou celle d'un méchant anachronique et effroyablement kitsch. Ce sera mieux la prochaine fois ?
S'achevant là où il aurait dû commencer, Green Lantern n'est qu'une insipide et rasante introduction imitant tellement les Iron Man de Jon Favreau qu'elle en perd toute identité. Quand on copie sur son voisin, autant s'assurer que celui-ci soit une grosse tête.