Quand Hollywood décide de faire son Love Actually cela donne… un Love Actually américain encore plus désincarné.
Il était prévisible que le persistant succès d'estime rencontré par le quelque peu (voire beaucoup) surévalué
Love Actually allait donner des idées à l'une des grandes majors hollywoodiennes qui ne se priverait pas de livrer SA comédie romantique chorale. Et voilà comment est né
Valentine's Day, soit une dizaine de récits enchevêtrés les uns dans les autres racontant la folle journée d'une vingtaine de personnages (âme en peine solitaire ou en couple) se croisant et se décroisant dans tout Los Angeles durant la célèbre fête des amoureux. Et pour ce faire,
Warner Bros. a sorti l'artillerie lourde : un casting de stars du cinéma et du petit écran longue comme le bras (on vous en épargne l'énumération) et le réalisateur de Pretty Woman aux commandes. La machine de guerre ne peut échouer et elle n'échouera pas… commercialement parlant.
Oui,
Valentine's Day n'est rien d'autre qu'une mécanique programmée pour cartonner dans les salles. Le type même de production qui a été scientifiquement étudiée, soumise aux études de marché et confectionnée dans l'unique but de satisfaire le plaisir fleur bleu dérisoire du plus grand nombre. Il y a les vedettes de toujours (
Julia Roberts,
Shirley MacLaine…), les confirmés d'aujourd'hui (
Jamie Foxx,
Anne Hathaway…), la jeune relève (
Taylor Lautner,
Ashton Kutcher, la chanteuse pop Taylor Swift…) et des romances de tous les âges. Si pour vous le genre doit ressembler à du McDo bien garni (plus il y a de superflu meilleur c'est), alors ce Big Mac Love est clairement destiné à votre estomac glouton. Pour ceux préférant la délicatesse de la grande cuisine et les œuvres qui débordent de sincérité et d'originalité, on ne pourra que donnez un et unique conseil : FUYEZ !, sous peine de vous coltiner une indigestion carabinée ou une violente overdose de guimauve. Dans un cas comme dans l'autre, il ne faut rien espérer de plus. Mais en même temps est-ce que la campagne publicitaire promettait monts et merveilles ?
C'est vrai, on ne nous a clairement pas menti sur la marchandise et c'est bien la vraie seule remarque favorable qu'on peut exprimer en faveur de
Valentine's Day qui se révèle à l'image de la St Valentin : une célébration mercantile de sentiments prémâchés déballée avec un automatisme émotionnel. « C'est beau l'amour » semble pompeusement scander à chaque seconde
Garry Marshall dans son déluge de poncifs à l'eau de rose cautionné par des comédiens qui au mieux restent stables dans l'image que le public a d'eux (devinez ce que joue
Patrick Dempsey), au pire se contentent de faire acte de présence (
Jessica Alba). Comment leur en vouloir ? La moitié des rôles ne servent qu'à lier l'histoire A avec B qui rejoint C et D etc… jusqu'à l'inévitable happy end commémoratif dans lequel (presque) tout le monde se voit obligé de trouver chaussure à son pied. Y compris la cynique de service (
Jessica Biel) dont la présence pouvait laisser entendre que de nos jours il était permis d'avoir une conception différente de la pensée collective. Et bien non, l'amour rose bonbon c'est tu l'aimes ou tu le quittes ! Inutile de dire que nos bagages sont déjà prêts.
Des stars comme s'il en pleuvait dans cette comédie romantique maxi-size bien décidée à nous crever la panse, et tant pis pour le goût ou la sincérité des sentiments. Avis aux gourmands peu portés sur la qualité.