L'ogre Shrek étant rentré pour de bon dans sa tanière, Le Chat Potté peut alors faire cavalier seul et s'épanouir pour le plus grand bonheur des messieurs et surtout des ladies.
Véritable plus-value de
Shrek 2, le chat potté fut ensuite réduit à la fonction de simple faire valoir, paresseusement employé dans les deux aventures suivantes de l'ogre vert. Alors que ce dernier a tiré sa révérence sur le grand écran, le matou peut donc occuper toute la place qui lui est due dans ce spin-off dont la seule crainte était que
DreamWorks ne fasse preuve du même laxisme créatif qu'il ne l'avait fait envers la franchise principale déclinante. L'erreur suprême aurait été de construire
Le Chat Potté comme un épisode alternatif de Shrek, mais ses concepteurs ont justement eu l'intelligence d'agréer en faveur d'un opus indépendant développant un univers plus cousin que jumeau. Bien avant de devenir l'animal de compagnie de sa majesté du royaume de Far Far Away, Potté était un bandit de grands chemins recherchés pour avoir détroussé son village de son butin. Rongé par le déshonneur, celui-ci voit l'opportunité de racheter sa faute en s'associant à contre cœur avec une chapardeuse professionnelle et son demi-frère Humpty Dumpty projetant de détrousser Jack et Jill de leurs légendaires haricots magiques. Légumes qui leur assureraient de décrocher littéralement la poule aux œufs d'or. Une oie en fait.
Le détournement des contes ne déroge pas à la règle mais là où les Shrek se noyaient dans un déballage de références culturelles toujours moins recherchées et plus bas du front,
Le Chat Potté préfère développer un récit d'aventure se reposant sur le décalage entre la vaillance et la carrure de l'héroïque félin. Ce qui donne forcément droit à une ribambelle de gags bondissants et de détournements qui font souvent mouches. En cela les singeries vocales d'
Antonio Banderas (en VO) se montrent un allié précieux et digne de soutenir l'humour cabot du film. Pas forcément le plus affûté qui soit. Qu'importe on rie de bon cœur durant ses prises de becs avec Kitty patte de velours ou lors d'un irrésistible flash-back dans lequel on assiste à la naissance du fameux regard attendrissant qui a rendu le personnage si populaire. Distrayante sans se fourvoyer dans un nivellement bêtifiant, la première moitié du
Chat Potté constitue une petite réussite qui ne se répercute pas complètement dans la seconde, beaucoup plus sage et conventionnelle. A croire que les auteurs n'aient pas eu le courage de se risquer plus au-delà d'une production familiale docile et visuellement moins intrépide - disons-le franchement par moment c'est plutôt laid. Ce n'est sûrement pas le long-métrage de
Chris Miller qui va damer le pion à Pixar. Lui demandait-on autant ?
Beaucoup mieux que les deux derniers Shrek, Le Chat Potté constitue un agréable spin-off avec ce qu'il faut d'actions et de rires pour amuser la galerie. Après si vous attendiez un concurrent sérieux pour détrôner Pixar, vous risquez de tomber sur un os.