Scénariste en vogue à Hollywood, William Monahan passe à la réalisation avec London Boulevard, pour lequel il obtient un duo de stars Colin Farrell / Keira Knightley.
Après avoir débuté l'écriture de scénario en 2005 avec
Kingdom of Heaven,
William Monahan a enchaîné avec
Les Infiltrés,
Mensonges d'Etat et
Hors de contrôle. Voilà qu'il passe désormais derrière la caméra en mettant en image sa propre histoire (on est jamais mieux servi que par soi-même), adaptée d'un roman de Ken Bruen. Et on y trouve Mitchel (
Colin Farrell), qui sort fraîchement de prison avec plein de bonnes intentions. Oui mais voilà quand on est gangster les vieux amis reviennent vers vous et les histoires peu recommandables pointent le bout de leur nez une fois de plus. Tandis qu'un puissant parrain nommé Gant (
Ray Winstone) lui tourne autour, Mitchel va faire la rencontre de Charlotte (
Keira Knightley), une star de cinéma flippée pour laquelle il va accepter de travailler, et plus si affinités…
On ne peut honnêtement pas dire que la première réalisation de
William Monahan soit transcendante. S'il n'est pas mauvais
London Boulevard comporte un peu les tares du premier film de scénariste qui semble oublier d'imprimer un tempo à son film. Car il faut bien l'avouer,
London Boulevard souffre d'un réel problème de rythme sans aucun doute dû à un trop grand brassage de genres. En effet, entre film de gangster, romance ou chronique d'un homme recherchant l'apaisement et l'intégration, le film se perd pour ne traiter aucun de ces thèmes avec un réel impact. On a l'impression d'avoir déjà vu tout ça en mieux, le film se regardant alors poliment surtout grâce à la prestation d'un casting masculin qui assure, de
Colin Farrell en gangster sur la corde raide à
Ray Winstone, imposant en parrain inquiétant, en passant par
David Thewlis en acteur raté complètement à la masse. Leurs performances compensent la faiblesse de la réalisation qui manque de personnalité,
William Monahan livrant au final un film qui hésite entre le pur premier degré et un ton plus acerbe à la
Tarantino. Quant à l'interprétation de
Keira Knightley, on peut dire qu'elle est ici réduite à sa portion congrue de beauté en détresse, ce qui n'aide pas forcément pour briller. Reste en tout cas à saluer une bande originale bien sentie qui laisse finalement sur le sentiment d'avoir vu un film terriblement anecdotique mais qui se laisse cependant regarder sans réel déplaisir.
Pour son passage à la réalisation, William Monahan signe un film plutôt anecdotique qui se laisse toutefois poliment regarder surtout grâce à l'interprétation de son casting masculin.