Que faire quand on est une patronne, détestée de tous, sur le point de se faire extrader dans son pays d'origine ? Se marier avec son assistant. Etonnant ? Pas exactement mais agréable, assurément.
Il y a presque un an et demi,
27 robes, le second film de la chorégraphe/réalisatrice
Anne Fletcher (après le premier
Sexy Dance), avait eu du mal à nous convaincre malgré une
Katherine Heigl irrésistible. Son nouveau film,
La Proposition est plus heureux bien que la réalisatrice persiste pour l'instant à signer des comédies romantiques sans enjeu particulier puisque, rien qu'en regardant le visuel de l'affiche, on en connait déjà la fin. C'est donc avec effroi que nous sommes allés voir ce film d'une durée voisinant les 1h50. On avait tort. Au final, l'entreprise s'avère beaucoup plus agréable que la plupart des films du genre, cela grâce à un casting de charme et à quelques situations assez inhabituelles dans ce type de film, souvent à l'eau de rose écœurante.
Patronne d'une maison d'édition New-yorkaise,
Margaret Tate (
Sandra Bullock, également productrice exécutive du film) est haïe par toutes les personnes qui travaillent pour elle. Cruelle, odieuse, tyrannique, capable de tout pour écraser les autres et rester la meilleure, elle reçoit la visite des services de l'immigration américains :
Margaret, d'origine canadienne, a oublié de renouveler son visa et sous la menace de l'extradition, elle trouve une solution d'urgence et déclare être fiancée à son assistant, Andrew Paxton (
Ryan Reynolds, qu'on vient de voir dans X-Men Origins : Wolverine dans le rôle de
Deadpool). Surpris, l'homme, exploité depuis trois ans par sa patronne, accepte de participer à la supercherie mais à une condition : pouvoir publier son livre à l'issue du divorce.
Margaret et Andrew partent donc ensemble en Alaska afin de fêter les 90 ans de la grand-mère de ce dernier.
La suite, on la connaît et si le nouveau long d'
Anne Fletcher s'avère plus probant que le précédent, c'est, qu'outre un casting au poil (
Sandra Bullock au jeu varié mais aux grimaces un peu crispantes,
Ryan Reynolds qui tente ici une percée dans un registre moins violent qu'à l'accoutumée,
Betty White géniale dans le rôle de grand-mère Annie, Oscar Nunez (comique surtout connu pour son rôle dans la série américaine « the Office ») hilarant dans le personnage d'un habitant de la ville de Sitka où il exerce plusieurs métiers dont celui de strip-teaser et les toujours excellents
Craig T. Nelson et
Mary Steenburgen),
La Proposition bénéficie d'un sens de l'action parfaitement rythmé dans les dialogues et les situations. Comme dans les comédies des années 40/50, on y parle beaucoup et l'histoire se déroule à grande vitesse. De plus, contre toute-attente, la narration se fait plutôt tendre quand elle traite de la famille, de ses problèmes et de ses bonheurs ce qui rend le film plutôt attachant.
On soulignera certaines scènes assez insolites dans ce genre de production (la danse indienne incantatoire de la grand-mère, le strip-tease en question, le chien qui se fait enlever par un aigle) qui rendent le tout assez réjouissant. La complicité qui se crée entre les deux protagonistes est capturée de façon émouvante et les rebondissements sont assez nombreux pour divertir. Le film (bien dans l'esprit américain) porte en haut-lieu les valeurs familiales et l'amour que chacun finit par porter aux autres. En bonne chorégraphe,
Anne Fletcher réussit parfaitement à composer les plans et les mouvements des personnages qui règnent à l'intérieur. Elle impose ainsi un tempo certain à
La Proposition, comédie charmante mais peu innovante dans laquelle il n'est pas uniquement question de romantisme ce qui en fait toute sa relative valeur. Une bonne surprise.
Après un second film trop rose de la part d'Anne Fletcher, La Proposition est bien plus travaillée et le tout évite l'ennui grâce à des jeux d'acteurs réjouissants, des scènes un peu folles et un rythme constant où le romantisme le dispute à la critique du milieu du travail.