Que se passe-t'il quand l'esprit de votre grand-oncle doit passer par votre corps pour rejoindre l'au-delà ? La réponse est dans Unborn.
Scénariste, producteur, réalisateur,
David Goyer en est aujourd'hui à son quatrième film. En France, il est surtout connu pour ses qualités de scénariste (
Dark City,
Batman Begins,
The Dark Knight) bien qu'il ait réalisé le très décevant
Blade : Trinity, le troisième volet de la saga, et
Invisible qui ne fit pas grand bruit sur nos écrans lors de sa sortie en 2007.
Unborn est donc, au vu de ses œuvres précédentes, une relative bonne surprise. Néanmoins, il atteint vite ses propres limites et, curieusement, c'est plutôt du côté scénaristique que le film déçoit.
Casey Bell (
Odette Yustman vue dans
Cloverfield) est subitement assaillie de cauchemars assez terrifiants mettant en scène un enfant aux gants bleus, un chien au masque d'humain et un embryon enterré dans la forêt. Mais ce n'est pas tout ! Les visons éveillés deviennent de plus en plus horrifiques au fur et à mesure que l'un de ses iris change progressivement de couleur. Une visite chez l'ophtalmologiste lui apprend que cette mutation a souvent lieu chez les personnes ayant un jumeau et, bien décidée à comprendre ce qui lui arrive, Casey va déterrer un passé compliqué et effroyable dans lequel la mort de sa mère, la disparition de son grand-oncle, les expérimentations nazies et le surnaturel se confondent pour aboutir à un constat terrible auquel seul un exorcisme pourra mettre un terme.
Unborn démarre au quart de tour par la vision du premier cauchemar de l'héroïne, ne laissant pas au spectateur, le soin de se poser des questions. Et pour cause, si le film s'avère assez efficace pour passer un bon moment, c'est au prix de la moindre réflexion, le scénario semblant être écrit avec les gants bleus de son maléfique personnage. S'il arrive sans peine à instaurer un climat d'angoisse et à faire lentement monter la pression,
David Goyer mêle trop d'éléments à son récit pour qu'on y croie vraiment. De plus, si certaines idées sont assez originales pour devenir fun, le fait de convoquer les atrocités commis par les nazis durant la seconde guerre s'avère d'un mauvais goût à la limite de l'obscénité. Ainsi, à trop vouloir être crédible, le réalisateur finit par tomber dans le ridicule précipitant son film dans une conclusion grotesque censée nous en mettre plein la vue. L'angoisse cède alors la place aux rires en constatant que le Goyer-scénariste à saboté le film du Goyer-réalisateur.
Pourtant, les visions sont assez réussies et les effets de surprise incessants arrivent, le plus souvent, à nous faire sursauter de peur mais aussi de plaisir,
Unborn s'apparentant à un teen-movie kitsch et daté que l'on sait inoffensif. En cela, il est assez efficace bien qu'il ne renouvelle absolument rien au genre. Au contraire,
David Goyer se permet de plagier
William Friedkin lors d'une vision « pompée » sur une scène contenue dans la version Director's cut de
L'Exorciste. Du coup,
Unborn n'est pas désagréable et, sans en attendre beaucoup, on peut frissonner à cette série B (Z ?) qui aura du mal a vous faire faire des cauchemars mais réussira, peut-être, à vous faire passer un bon moment-frisson, correctement réalisé et, pour tout dire, assez fun. Dans le genre, on a vu bien pire.
Unborn est un film d'horreur très mineur mais assez efficace pour nous rappeler les « teen-movies » des années 80. C'est justement ce qui en fait tout le charme.