Film dramatique mettant en scène un Will Smith définitivement plus adulte, Sept Vies n'en reste pas moins soporifique.
Ben Thomas est hanté par un secret et pour chercher sa rédemption, il va transformer de manière radicale la vie de sept personnes qu'il ne connait pas. Petit à petit, son plan se met en place sans que rien ne puisse l'arrêter. Tout du moins c'est ce qu'il croit, puisque le jour où il va tomber amoureux de l'une de ces personnes, il va être transformé.
Ce que l'on peut retenir de
Sept Vies, c'est que l'on a droit à un changement profond d'un
Will Smith qui s'obstinait dans la comédie pas drôle et le gros blockbuster estival. Exit la barbe naissante, voici le nouveau Will ! Il prend clairement un coup de vieux et nous propulse dans un genre qu'il ne connait pas encore très bien, celui d'un drame sans humour, triste même, mais toujours poussif. Car ce que l'on peut reprocher à
Sept Vies, c'est ce manque total de punch durant une longue, très longue première partie d'environ 1h20 (sur 2h05). Il faut savoir que le spectateur arrive dans une histoire bien entamée, faite de flashbacks, censés nous faire revivre le sombre passé de Ben Thomas, mais qui, finalement, ne nous dit rien à tel point que l'on se demande où va le film.
Sept Vies reste, comme la précédente production de
Gabriele Muccino (
A la Recherche du Bonheur), poussif. Projet pourtant ambitieux, on en vient à glorifier le suicide d'un homme juste parce qu'il a décidé de sauver sept personnes au hasard. Drôle de morale pour ce film intimiste qui n'a comme qualité que la performance absolument époustouflante de
Rosario Dawson.
Mais le constat est sans appel, on s'endort facilement, car l'histoire traine sur la longueur. 2h05, c'est beaucoup trop pour parler de la vie d'un homme ordinaire, il aurait mieux fallu tout de suite passer aux choses sérieuses, plutôt que de nous bassiner avec des éléments peu intéressant, comme les plans où
Will Smith regarde sa méduse, ou encore, lorsqu'il est dans sa voiture. Car ce qui nous passionne dans
Sept Vies, c'est l'histoire d'amour naissant entre Will et Rosario, qui nous rappelle nos amours de jeunesse, toujours très gênant, mais à la fois mignon : ces moments rendent très bien à l'écran. La jeune comédienne américaine montre l'ampleur de son talent en sauvant
Sept Vies de la catastrophe grâce à une sensibilité qui met les yeux du cinéphile en émoi. Car malgré le fait qu'il soit ennuyant, il ne faut pas oublier ce qui fait la force du film. La faculté qu'ont les principaux acteurs à tirer la larme du coin de l'œil grâce à des scènes bien pensées. De ce coté là,
Gabriele Muccino a su encadrer de façon très professionnelle ses acteurs.
Mais malheureusement, le scénario froid n'aide en rien le spectateur à s'intéresser à cette mièvrerie qui devrait, à coup sur, plaire à la ménagère de moins de 50 ans, cible de cette réalisation sans saveur. On passera sur la fin émouvante, mais catastrophique, qui nous fait passer à coté d'une morale un brin égoïste et sur la version française complètement à l'ouest.
Si Sept Vies nous interroge sur notre faculté à aider les gens et à influencer des vies, il apparait qu'au final, le film n'est rien de plus qu'un drame sans saveur. Seul reste le jeu d'acteur d'une Rosario Dawson au plus haut dans une œuvre touchante, mais ennuyeuse.