Pour les fêtes de noël, c'est Tout… sauf en famille, dit le titre. Disons plutôt : tout … sauf ce film.
Noël, c'est fini. Alors, pour rester un peu dans l'ambiance festive, vous décidez d'aller voir Tout… sauf en famille, dont l'affiche nous annonce fièrement la première place parmi les comédies américaines. Rien que ça. Espérons que la France sera un peu plus lucide, parce qu'honnêtement, il y a bien mieux pour commencer l'année …
Nous voilà donc le jour de noël, et Brad et Kate, ensemble depuis 3 ans, font comme chaque année tout pour éviter d'avoir à se retrouver parmi leur famille pendant les fêtes. Shocking ! Un couple qui refuse le foyer familial ! Une honte ! Heureusement, tout est fait pour que les dissidents soient remis sur les rails : les voilà partis pour quatre réveillons – oui, parce que leurs parents respectifs sont séparés. Chez les différents parents, chacun apprend des choses nouvelles sur l'autre. Des trucs embarrassants, comme leur poids à la naissance ou les surnoms vexants que leur donnaient leurs copains. Rien que ça. Et soudain toute leur relation, qui était très équilibrée, s'effondre, devant le grand scandale de cette ignorance. Zut.
Le film aurait pu être acceptable : chez un père, on a les frères crétins lutteurs aux enfants sans cerveau ; chez une mère, un retour dans un noël pseudo-spirituel dans une église louche. Soyons positif, et voyons cela comme fait exprès : le film présente en quelque sorte la caricature en quatre leçons de la famille américaine. Au début, on se dit que finalement ce n'est peut-être pas un chef d'œuvre, mais ça se veut suffisamment irrévérencieux pour qu'on puisse tenir jusqu'à la fin. Malheureusement, on déchante vite : tout le monde est beau et gentil, et on retourne bien vite dans la norme, dans la tenue et les valeurs traditionnelles de la bonne buche de noël en famille. Et à force de forcer le trait, ça dérape. Particulièrement du côté des enfants, qui sont l'un des thèmes principaux. Les gamins sont la plupart du temps d'horribles monstres mal élevés. Et pour faire rire,
Seth Gordon, dont c'est le premier film, s'excite et hoche sa caméra pour animer un comique cracra (ooohh le vomi du bébé projeté en jet …) et des chutes façon vidéo gag.
Et pas de temps à perdre : les gags crétins s'enchainent à un rythme de moissonneuse batteuse. Le seul qui nous fait finalement rire : la partie de tabou avec le frère et sa femme, très limités mais aimants. Mais bon, la scène dure 2 minutes ; alors, que sommes-nous censés faire pendant les 80 restantes ? Souffrir. En silence, si possible, mais on peut crier aussi : avec un peu de chance, ça recouvrera le débit de paroles crispant de
Vince Vaughn, qui ferait mieux d'arrêter de parler, des fois. Souvent, même. A côté, on peut sentir le potentiel comique de
Reese Witherspoon (on le connaissait déjà, d'ailleurs), qui est décidément à l'aise partout ; malheureusement pour nous – et pour le film, elle ne parvient pas à redresser la barre d'un machin qui avait commencé à dériver dès le deuxième quart d'heure.
Noël est fini. Il faut s'y faire. Donc pas la peine d'essayer de s'y raccrocher avec Tout… sauf en famille, horrible comédie américaine à l'humour lourdaud. A éviter à tout prix.