Chris Weitz transpose à l'écran le deuxième livre de Twilight : gommage d'émotions et tartine d'effets sont au programme.
Après
Twilight - Chapitre 1 : fascination, c'est au tour du Chapitre 2 de sortir au cinéma. Pour raconter la douloureuse séparation de Bella et de son gentil – mais torturé – vampire Edward, et l'amitié double qu'elle partage avec l'étrange Jacob au corps changeant,
Chris Weitz a pris la place de
Catherine Hardwicke. Bien qu'ayant la même scénariste, ce second volet de la saga Twilight est bien moins bon que le premier ; on en vient rapidement à incriminer le réalisateur (même si, au départ, le livre est lui-même moins bon). A se demander même s'il a pris son sujet au sérieux.
Parce que n'est pas
Catherine Hardwicke qui veut. Il n'est pas évident de représenter les désirs et frustrations adolescentes, et ce
Chapitre 2 le montre bien : tout y est, mais on ne rentre pas dedans ; la détresse de Bella, personnage principal, semble superficielle et passagère, et ses retrouvailles avec son « grand amour » sont bien fades si l'on considère les épreuves émotionnelles qu'elle est censée avoir traversées (et qu'elle traverse bien dans le livre, à défaut). En plus,
Chris Weitz croit malheureusement qu'aucune émotion ne peut s'exprimer sans plan très (trop) rapproché, et nous assomme de gros plans qui alourdissent le sujet.
Avec le nombre impressionnant de torses nus et le pseudo-romantisme (« pseudo » car trop niais pour être vrai) dégoulinant, il est inutile de se demander quel est le public visé : les adolescentes exclusivement ; les fans du livre sans doute, mais elles seront probablement déçues de cette simplification de ton, cette façon de gommer les tourments et confusions de Bella, qui reste passive à attendre que ça se passe.
Kristen Stewart nous avait habitués à mieux, dans le premier volet comme dans ses autres films, et semble laissée à elle-même. Il faut dire aussi qu'elle n'est pas très aidée :
Robert Pattinson, figé et souffreteux tout le long, ne fait pas un très bon partenaire. Les seconds rôles, en revanche, sont corrects bien qu'effacés.
On se retrouve encore avec le problème de la démonstration de la force et de la rapidité des vampires.
Weitz privilégie à outrance les ralentis plus ou moins bien rythmés sur une musique de plus en plus omniprésente ; on finit par avoir l'impression d'être dans un clip la moitié du film. Et le gros travail sur les couleurs, qui donne à certaines scènes un ton onirique bien maîtrisé, perd de sa force et finit par n'être là que pour, apparemment, meubler la musique et faire un ensemble tellement surtravaillé que cela devient vide. Couplé aux mouvements de caméra circulaires censés sans doute mimer le tourment psychologique, et vous avez du formatage baveux et inexpressif. Dommage, parce qu'utilisés avec parcimonie, ces effets auraient pu vraiment rendre quelque chose de positif.
Et alors qu'
Hardwicke avait intelligemment gommé les effets trop voyants du roman comme les comparaisons souvent malhabiles aux grandes histoires d'amour classique, on nous assomme ici d'images de Romeo et Juliette, du gros plan sur le livre à la vidéo en classe, en passant par un parallèle lourdaud dans une scène téléphonée où Edward récite l'un des monologues de
Romeo. On notera tout de même l'humour simple, par petites touches, souvent bienvenu, qui remonte un peu le film. Mais c'est certain, ce
Twilight - Chapitre 2 : tentation est une médiocre adaptation et un mauvais film.
Ce second volet de la saga Twilight est une grosse déception. Aplanissant le livre, simplifiant les émotions, caricaturant l'univers, Chris Weitz le fait tomber bien en dessous du premier film. Restent quelques passages sauvables, et de jolies images isolées.