Après la série documentaire J'irai dormir chez vous, Antoine de Maximy nous embarque dans un vrai road-movie pour nous faire découvrir une autre Amérique où les clichés sont proscrits. Un documentaire authentique.
Qui n'a jamais entendu parler de ce baroudeur
Antoine de Maximy qui, seul avec son sac à dos et son système de mini-caméras (une au poing, l'autre fixée sur son épaule pour que nous puissions le voir en gros plan) sillonne tous les pays du monde. L'équipe technique c'est lui. Pour la régie, les habitants se relaient. Car l'ambition première de
J'irai dormir chez vous est, comme son titre l'indique, de passer la nuit chez l'habitant. Et de nous faire découvrir les différents coins et recoins de la planète au gré de ses rencontres improvisées. Une façon de montrer notre terre-mère telle qu'elle est, avec sa richesse et sa misère ; avec ses habitants accueillants, drôles, parfois étranges voire dangereux.
J'irai dormir à Hollywood part du même principe. Parcourir les Etats-Unis d'est en ouest à la rencontre de la population, avec son « franglais » et les moyens dont il dispose : bus, stop, train, taxi, marche à pied ou encore un corbillard repeint en rouge qu'il a acquis pour finir sa traversée. Et pour ajouter une touche de folie à son périple,
Antoine de Maximy s'est lancé le pari de finir son voyage à Hollywood et de dormir chez une star. Why not ? Tout est possible en Amérique…
Entre un chauffeur de taxi paranoïaque qui a peur de se faire tuer, une Indienne Navajo qui rêve d'une bibliothèque, un homme ivre qui nous fait découvrir les restes de sa maison en Louisiane après le passage d'un cyclone, un ancien pro de l'immobilier qui, en attendant de toucher sa retraite, vit sur la plage, ou encore un citoyen américain qui croit qu'en France « tout le monde parle Arabe » (il lui a été conseillé de changer de chaîne de télévision)… le moins que l'on puisse dire c'est que nous ne sommes pas dans le rêve américain. On découvre une autre Amérique, la vraie ; et on voyage, vraiment.
Antoine de Maximy a cette volonté de ne pas nous assommer à coup de clichés politiques, historiques et touristiques. Ses différentes rencontres, tantôt émouvantes, tantôt hilarantes, parfois très inquiétantes (le cinéaste ne rencontre pas que des bonnes âmes) nous happent par leur force et nous ravissent. Car ce sont les habitants qui, par leurs vécus respectifs, nous racontent l'Histoire de leur pays et nous font découvrir par la même occasion quelques magnifiques paysages américains. Mais toujours en toile de fond, comme pour insister une fois de plus sur la volonté de ne pas maquiller la réalité. Le tout adroitement et agréablement ponctué de reprises de grands classiques musicaux.
Maximy nous propose avec
J'irai dormir à Hollywood un vrai documentaire cinématographique sur un air de road-movie. Loin de ressembler aux œuvres accusatrices de
Michael Moore, mais avec cette même détermination à montrer une réalité qu'on nous dissimule, le cinéaste ne prend aucun parti. A nous, avec les différentes bribes de son vagabondage, d'en tirer les conclusions (qui sont plus de l'ordre du constat) : et non, en Amérique tout le monde n'est pas riche et heureux. Le documentaire désavoue l'illusion du cinéma hollywoodien. Même si parfois la narration manque de progresser pour « freiner sec », passant brusquement à la péripétie suivante, on n'en tient pas rigueur car la performance technique du réalisateur reste excellente. Son équipement qu'il présente aux curieux comme étant un « prototype », lui permet de se mettre en scène pour faire partie intégrante de son voyage « made in America ». Une sorte de complicité plaisante se met en place avec le spectateur qui devient, non sans plaisir, son compagnon de route et de galères.
Un documentaire émouvant et passionnant qui nous fait découvrir les coulisses d’Amérique. Avec une technique de réalisation unique en son genre, Antoine de Maximy réalise une vraie performance qui nous donne envie de partir à l’autre bout du monde.