Les studios Disney décident de porter le troisième volet de High School Musical sur le grand écran. Que les fans s'en réjouissent, mais peut-être pas les autres.
High School Musical 3 : nos années lycée est la première apparition sur le grand écran de la saga Disney, les deux premiers volets ayant été diffusés en vidéo. Après un franc succès à travers le monde sur le petit écran, il aurait été dommage pour Disney de ne pas tenter les salles obscures pour combler ses fans (et son compte en banque aussi). Ceux-ci retrouveront donc leurs héros de toujours, Troy et Gabriella, qui vivent leur dernière année au lycée avant d'entrer à l'université. Pendant que chacun s'interroge sur son avenir (quelle fac ? quelle robe pour le bal ? quel cavalier ?), les élèves de terminale sont chargés d'organiser une comédie musicale de fin d'année, résumant ce qui a marqué leurs années lycées.
Le résumé est aussi court que cela car il ne faut pas se voiler la face, le scénario n'a pas pour but d'être complexe. Et comme beaucoup de comédies musicales, on peut apprécier ce côté décomplexé assumé.
Kenny Ortega n'a pas l'intention de viser un public friand de films intellectuels, mais bien les fans de la saga et toutes autres adolescentes ou pré-adolescentes susceptibles de croire que la vie au lycée ça se passe comme ça : on a de belles robes, on interrompt les profs pour danser et chanter, on a des amis pour la vie. Ne brisons pas leur rêve de jeune fille, ce serait dire à un enfant que le père noël n'existe pas. Bref, entre mièvreries et gloussements amoureux, nous ne sommes pas épargnés. Néanmoins on ne peut pas reprocher à
Kenny Ortega d'avoir fait un film pour adolescents, on peut seulement dire aux adultes qui cherchent un film intelligent de passer leur chemin, nuance. Car le cinéaste s'occupe à séduire la nouvelle génération pré-pubère de la même façon que nous avons été séduis pendant notre adolescence (que celles qui n'ont jamais gloussé devant
Hartley, cœur à vif ou
Sauvés par le gong, me lance la première pierre). L'univers dans lequel progressent les personnages du film est suspendu dans le temps et l'espace, isolé de la misère humaine, et ça ne fait pas de mal aux adultes que nous sommes devenus. Visuellement, le spectacle n'est pas désagréable même s'il reste formaté. Le style télévisuel est trop emprunté pour une saga qui voulait passer sur le grand écran. Or, lorsque l'on voit le nombre de produits dérivés en vente, on sait que le cinéma n'est rien d'autre qu'une stratégie mercantile et non pas un choix artistique.
Bien qu'
High School Musical 3 : nos années lycée n'ait pas la prétention de nous raconter l'histoire du siècle, on ne tolère pas pour autant la fainéantise du réalisateur. D'accord, le héros doit forcément être le plus beau. Passe aussi le « cruel » dilemme de sa vie : le basket ou la musique ? Mais arrêtons le massacre, les adolescentes sont peut-être rêveuses mais n'exagérons pas, elles ont un cerveau. Un (gros) travail sur la psychologie des personnages aurait été bienvenu car ils sont d'une caricature grossière. Le propre du teen movie, on le rappelle, c'est l'identification possible aux adolescents et à leurs problèmes. Mais à qui s'identifier ici ? A la bimbo aux bottes roses ? A l'intello aux lunettes ? A la belle que tout le monde aime sauf la blonde aux bottes roses ? Soyons sérieux,
Kenny Ortega nous prend pour des écervelés. Que le réalisateur se rassure, il n'était pas nécessaire de pousser les personnages au paroxysme du ridicule pour que l'on comprenne qu'il y a de tout pour faire un monde (un lycée). La mise en scène reste correcte. Sans être exceptionnelles, les chorégraphies sont adroitement menées et restent plaisantes pour qui ne cherche pas un spectacle digne de Broadway (on évite de mentionner que le réalisateur dit s'être inspiré des comédies musicales de l'âge d'or du cinéma Hollywoodien). Concernant la musique, difficile à dire si le cinéaste joue la carte de la facilité ou s'il a calculé son coup de façon à ce que tout le monde puisse retenir les paroles. Sur un air de « Aimer c'est ce qu'il y a de plus beau », le répertoire musical ne vole vraiment pas haut.
Coupons la poire (presqu’) en deux. Les fans de la saga y trouveront leur compte mais les adultes allergiques aux mièvreries adolescentes quitteront rapidement la salle. De plus, la comédie musicale n’apporte rien de neuf à la saga pour justifier une sortie sur grand écran.