Le Festival de Cannes accueille en sélection officielle, hors compétition, et en avant-première mondiale le nouveau volet de la franchise Pirates des Caraïbes. Alors ?
4 ans après
Pirates des Caraïbes, Jusqu'au Bout du Monde, voilà que Jack Sparrow et toute sa clique reviennent ! Enfin pas vraiment toute sa clique puisqu'on ne trouve plus
Keira Knightley ni
Orlando Bloom, remplacé au rayon « star » par
Penelope Cruz. Voilà que ce bon vieux Jack se voit embarqué de force par une ancienne conquête dans le bateau du terrible Barbe-Noire, parti à la recherche de la célèbre Fontaine de Jouvence. C'est sans compter sur l'opiniâtreté du Capitaine Barbossa, travaillant désormais pour la Couronne, qui va les poursuivre.
Casting en grande partie renouvelé, nouveau réalisateur à la barre, on attendait de voir si un souffle nouveau allait pousser une saga qui s'était un peu engluée. Et pourtant rien de tout cela, on est bel et bien ici dans la droite lignée des précédents opus avec un film un peu trop long (2h15), réalisé qui plus est par un
Rob Marshall en mode automatique (ce qui ne va pas vraiment remonter sa côte après le bide que fut
Nine). Ne pouvant plus compter sur les personnages installés qu'incarnaient
Keira Knightley et
Orlando Bloom pour équilibrer un peu les choses face aux facéties de
Johnny Depp, Jack Sparrow est donc ici encore plus mis en valeur quitte à en faire un personnage lassant usant toujours des même mimiques (l'acteur cabotine à fond), appuyant encore un peu plus l'humour omniprésent qui ne vole pas toujours très haut. Certes ça amusera sûrement les plus jeunes mais les adultes pourront tout à fait trouver ça un peu lourd à la longue d'autant plus que le quota d'aventures palpitantes est réduit à son minimum (à peine peut-on compter sur une attaque de sirènes bien emballée pour un bon nombre de cascades et courses poursuites sans grande inspiration). On essaye pourtant ici de maintenir un certain rythme en abusant du renfort de la musique vrombissante, omniprésente (même quand il faudrait plutôt faire dans la finesse), histoire de tenter de tromper son monde. La nouvelle venue
Penelope Cruz ne s'en sort pas si mal même si elle ne peut pas vraiment faire grand chose avec son personnage tandis que la semi-romance forcée entre
Sam Claflin (le religieux de la bande) et la petite française
Astrid Berges-Frisbey (vue dans La Fille du Puisatier) n'est pas vraiment crédible.
Geoffrey Rush et
Ian McShane s'amusent visiblement comme des petits fous à en faire aussi des tonnes histoire d'en rajouter dans l'aspect finalement très « gadget » de ce film (de cette saga ?) dont le scénario part un peu dans tous les sens et dont on ne compte pas les invraisemblances (il ne faut pas trop prendre le spectateur pour un imbécile quand même). Finalement, la bonne surprise n'aura pas été de mise…
Pirates des Caraïbes 4 ne parvient pas à faire remonter la pente à une saga qui frôle la noyade.