Le temps d'une nuit, deux ados se cherchent et tombent amoureux. New York, c'est magique…
Triss a quitté Nick qui continue de lui envoyer des compils. Norah, camarade d'école de Triss, les adore et fantasme à moitié sur leur créateur. Un soir, leur groupe préféré organise un concert sauvage ; sauf que personne ne sait où c'est. Les deux jeunes gens se retrouvent par hasard ensemble pour rechercher le groupe, pendant que les copains homos de Nick perdent la copine ivre de Norah. La virée des concerts se change donc en search party de Caroline qui titube dans les rues de New York. En chemin, ils croisent l'ex de Norah et son groupe juif, l'ex de Nick et son boy-toy, des clochards, des drag-queens, …
A partir de l'horrible titre français,
Une nuit à New York, on peut déjà déduire plusieurs choses : ça s'annonce comme une parenthèse de vie ; et, comme tous les films ou presque qui ont New York dans le titre, il va y avoir de la romance dans l'air. Eh bien, bingo. Certes, les errances plus ou moins géographiques et plus ou moins amoureuses des adolescents,
Peter Sollett les avait déjà traitées avec
Long Way Home, son premier film, et c'était particulièrement réussi. Alors – et malgré son affiche, son titre français et autres – on pouvait attendre pas mal de celui-ci, qui s'annonçait comme autre chose qu'un simple film pour ados. Malheureusement, il reste tranquillement dans les limites imposées par le public qu'il s'est fixé.
Nous voilà donc devant une comédie adolescente qui a le bon goût d'éviter les blagues graveleuses mais le mauvais de flirter avec le cinéma dit « indépendant » sans en avoir la carrure. Tout est fait pour plaire, de la bande-son omniprésente (37 chansons précisément pour un film d'1h30 générique compris, ça ne laisse pas beaucoup de silence) aux personnages classiques (la copine bourrée, les copains homos, l'ex tendance salope manipulatrice, …) en passant par l'idée typiquement « lycée » selon laquelle on ne peut que forcément s'entendre – et plus si affinités – avec quelqu'un qui écoute la même musique que nous.
Cependant, il faut avouer que le ton général du film est séduisant, et on se laisse porter par les zigzags cahotants du vieux bus du groupe pour aller de rencontres louches en personnages décadrés qui peuvent créer des situations amusantes. En même temps, et sans vouloir trop philosopher,
Une nuit à New York prend des allures de voyage presque initiatique vers un nouvel amour, comme une transition vers une nouvelle relation. Le tout est porté par une brochette d'acteurs justes et parfaitement à l'aise, qui font qu'on a quand même envie de passer la nuit avec eux.
Mais le film n'arrive malheureusement pas à trouver le rythme qu'il faut, et oscille finalement entre plusieurs genres, plusieurs styles, plusieurs tons. Si la promenade est au départ agréable, on se retrouve rapidement un peu perdu, comme les personnages d'ailleurs. Cette simple nuit devient trop longue (pourtant le film est court) et les jeux sur les couleurs et les ralentis nous ennuient plus qu'autre chose.
Une nuit à New York est une ballade sympa vers un nouvel amour, avec des copains bizarres et des rencontres presque irréelles. Dommage que le film, qui tend vers une ambiance surréaliste mais veut rester correct pour ne pas perdre son public adolescent, n'arrive pas à se décider.