Grant Heslov s'essaie à la comédie déjantée avec un sujet pour le moins insolite. Les chèvres sauront-elles nous convaincre ?
Bob Wilton est journaliste. Fraîchement séparé de sa femme, qui l'a quitté pour son rédacteur en chef, il décide de couvrir l'actualité en Irak, histoire de (se) prouver qu'il vaut encore quelque chose. Alors qu'il attend désespérément de pouvoir passer la frontière, il fait la rencontre de Lyn Cassady, un soldat aux pouvoirs paranormaux combattant le terrorisme. Ensemble ils vont se rendre en Irak où ils retrouveront Bill, le fondateur de l'unité à laquelle appartenait Lyn, et Larry, soldat de l'unité qui dirige une prison.
Pour aller droit au but,
Les Chèvres du Pentagone est à la hauteur de son titre : sans queue ni tête. Les acteurs alignés en brochettes sur l'affiche (qui, en passant, nous rappelle étrangement
Burn After Reading) avaient de quoi nous mettre l'eau à la bouche. Espérant secrètement découvrir une œuvre de la même veine que celles des frères Coen, on assiste plutôt à une comédie mal dégrossie et sans aucune saveur. Le scénario réduit à néant laisse la place à une série de situations rocambolesques qui tentent vainement de faire vivre le film. Le reste n'est qu'une succession de gags, tour à tour absurdes et désolants. Restent toutefois quelques moments d'humour parsemés au gré du film, notamment dans la partie flash back, qui est de loin la meilleure, et qui s'avèrent être les seules lueurs d'espoir de ce long tunnel obscur. Nos zygomatiques crient à l'escroquerie, à ce qui semble être finalement une publicité mensongère, le plus drôle se trouvant comme de bien entendu dans la bande-annonce. En bref, 3 minutes de plaisir pour 1h30 d'hébètement et un ticket de cinéma.

De quoi avoir l'impression d'avoir été dupé par ce casting impressionnant qui n'a pourtant rien à se reprocher, mais qui a été victime d'un scénario trompeur, d'une comédie faussement déjantée. En conclusion, ce quatuor d'acteurs aurait vraiment gagné à être réuni sur un autre plateau de tournage. Le film de
Grant Heslov n'est qu'une pâle copie de ce qu'il aurait dû être, la faute à une intrigue passablement décousue et à une fin qui nous laisse perplexe. Pourtant le cinéaste n'invente rien. Inspiré du livre
The Men who stare at goats,
Les Chèvres du Pentagone s'attache à raconter les expérimentations de l'armée américaine visant à développer des unités spécialisées dans le paranormal entre les années 60 et 80. Passer à travers un mur, tuer un hamster du regard, toutes ces situations loufoques sont tirées d'expériences réelles. Le sujet ne manquait donc pas d'originalité, mais le réalisateur n'a pas su tirer parti de ce qui aurait pu être un ovni dans le paysage cinématographique.
Une déception totale malgré McGregor, Bridges, Spacey et Clooney au casting. Le film se repose beaucoup trop sur les gags au détriment d'un scénario qui manque cruellement de consistance