Et si la fin de l'humanité n'est pas celle que l'on croit ? Bienvenue à Zombieland nous donne un autre scénario possible… moins prophétique certes, mais beaucoup plus folichon.
La fin du monde est proche, et pourtant nous ne sommes pas encore en
2012. Alors que la planète est infestée de zombies, quelques survivants tentent tant bien que mal de résister à ces cannibales. C'est le cas de Columbius, un no-life un tantinet peureux qui se retrouve un jour seul face à des monstres, des vrais… et quand le jeu vidéo rattrape la réalité, il faut s'armer de courage mais surtout, s'armer tout court. D'autres voient en ce « Zombieland », une renaissance, une occasion de se trouver une nouvelle vocation. C'est le cas de Tallahassee, un grand gaillard affublé d'un chapeau de cowboy qui a des objectifs bien précis : mener à bien son « Zombicide » et trouver des Twinkies, ses biscuits préférés, avant qu'ils ne périment. Les deux rigolos croiseront la route de Wichita et Little Rock, deux sœurs qui n'ont peur de rien. On dit souvent que l'union fait la force, mais sauront-ils se mesurer aux quelques millions de cannibales qui peuplent le monde ?
Bienvenue à Zombieland signe le retour du zombiesque. Pour un premier long-métrage,
Ruben Fleischer n'a pourtant pas opté pour son genre de prédilection. D'emblée, on se demande si quelques mois à avaler du
Romero peuvent remplacer des années d'expérience, de culture et de passion. Le pari est risqué, pour autant qu'on soit exigeant avec un genre qui peut facilement tomber dans le ridicule, le déjà-vu, le remâché ; bref, dans l'oubli. Le film souffre dès le départ d'une comparaison avec
Shaun of the dead, les inconditionnels s'attendant à trouver une sorte de suite et les récalcitrants, à trouver une sorte de suite aussi... Pourtant, l'avantage d'un film réalisé par un novice dans le genre tient justement au fait que celui-ci s'affranchit malgré lui de toute référence horrifique.
Bienvenue à Zombieland n'a donc pas la prétention de révolutionner le monde des zombies mais de divertir la foule autrement qu'avec du pop corn ; et ça nous réussit plutôt bien. Après un générique hilarant enchainant des scènes d'attaques au ralenti, le film démarre sur Colombius, le trouillard de service, qui énumère pour nous, public, quelques règles indispensables à la survie dans ce monde chaotique et savamment illustrées par des séquences loufoques.
Le réalisateur imagine une sorte de road-movie ponctué de gags sanglants et de situations cocasses. Les cannibales, toujours aussi dépourvus de quotient intellectuel, servent de moteur à cette comédie totalement délurée qui n'a pas à rougir face à ses prédécesseurs. Sans se prendre au sérieux, mais sans tomber dans la débilité profonde, le film propose quelques scènes sanguinolentes qui sauront combler les attentes des spectateurs. Le scénario n'est pas d'une originalité débordante, mais
Ruben Fleischer tient plutôt bien le rythme et innove à sa façon. Le cinéaste fait un pied de nez aux codes du cinéma et navigue entre les clichés pour mieux nous surprendre. Woody Arrelson se montre d'ailleurs plutôt fort à ce jeu-là. Passant d'un registre à l'autre de façon totalement irraisonnée, Tallahasee saura aussi bien danser sur la bande-originale de
SOS fantômes que pleurer au coin du feu. On regrettera toutefois des zombies parfois laissés en toile de fond au profit de paysages apocalyptiques qui ne demandaient pourtant qu'à être investis par les nouveaux habitants de notre planète.
Bienvenue à Zombieland s'avère être une agréable surprise. Dans le genre loufoque et trash, le film remplit honorablement son contrat et ne décevra pas le spectateur, même le plus aguerri.