Autre décors et autre temps pour le dernier segment de la trilogie Underworld mais toujours le même résultat à l'arrivée : décevant.
A la vue du résultat des deux précédents épisodes de
Len Wiseman,
Underworld 3 : le soulèvement des Lycans - séquelle antérieure au récit de Selene, revenant aux prémices du conflit entre vampires et loups-garous – n'avait qu'assez peu d'arguments pour convaincre d'une tardive réussite capable enfin de se montrer à la hauteur de son pitch de départ propice à faire souiller les pantalons de la population fantasticophile : le départ de monsieur
Kate Beckinsale (du moins de la réalisation), le changement d'actrice principale pour l'affriolante
Rhona Mitra et surtout la transposition de son habituel cadre contemporain vers celui au combien plus excitant du Moyen-âge.
C'est à cette époque que naît Lucian (
Michael Sheen), premier individu de la race des Lycans, êtres mi-hommes mi-animaux, asservis, enfermés et utilisés comme protecteurs par la lignée immortelle des vampires menée d'une poigne de fer par le cruel Viktor (
Bill Nighy) sachant que la trêve entre les deux peuples est extrêmement fragile et ne demande qu'à se briser au moindre choc. L'alliance contre nature et tragique de sa fille Sonja (
Rhona Mitra) avec Lucian sera l'étincelle qui mettra le feu aux poudres et marquera le début d'une guerre millénaire.
S'il peut prétendre au titre de meilleur opus de la saga, ce n'est pas demain la vieille que les termes génial et jubilatoire (ou moins dithyrambique, celui de correct) rimeront avec la franchise.
Underworld 3 : le soulèvement des Lycans s'apparente une nouvelle fois à un beau gâchis stylisé, au background profondément inexploité, maladroit et surtout faignant dans tous les domaines de sa conception : que se soit dans sa romance insensible à la Roméo et
Juliette (on ignore comment les deux amoureux ont été attirés l'un vers l'autre, ils s'aiment point barre) virant rapidement au
Spartacus canin manquant cruellement de mordant, ses personnages creux ou sa mise en scène passive de débutant.
Normal : la charge a été confiée au directeur des effets spéciaux,
Patrick Tatopoulos se contentant de coller au travail de son prédécesseur. On obtient donc une poignée de scènes d'actions qui sûr papier avait du potentiel mais qui à l'écran ne provoque pas la moindre montée d'adrénaline car leur créateur ne maîtrise ni son espace, ni le montage (ça n'a parfois ni queue ni tête), ni la montée en puissance émotionnelle nécessaire. Des carences que ne viennent pas supporter des CGI tout bonnement atroces rappelant les plus durs moments de Van Helsing. Les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés dit-on, dicton qui se vérifie à nouveau.
Davantage frustrant, le complet survole de la société vampirique et de sa hiérarchie (
Blade 2 lui aussi pourvu d'un scénario faiblard y était parvenu) et le confinement de l'histoire dans une quasi unité de lieu alors qu'elle ne demandait qu'à prendre une ampleur croissante et offrir un spectacle aux dimensions épiques. Ne reste plus qu'à rêver de ce que ce mélange de fantastique et de médiéval confié en d'autres mains plus expertes aurait pu donner. Imaginez un tel concept bénéficiant de la démesure d'un
Peter Jackson, le goût du fer et de l'acier d'un
Neil Marshall, la générosité et la sensibilité d'un
Guillermo del Toro, la violence brutale et l'impudence d'un
Paul Verhoeven… C'est sûr que le bilan serait différent que cette vitrine formatée et racoleuse pour gothiques du samedi soir. Heureusement cela devrait être la fin… enfin on l'espère.
Troisième tentative et troisième échec pour cette franchise fantastique qui à défaut de révolutionner le mythe du vampire et du loup-garou, aurait pu ne pas s'évertuer à l'enfoncer dans la boue. Un peu de respect, que diable.