Après Les Chimpanzés dans l'espace, c'est au tour des mouches de faire le grand voyage pour se rendre sur la Lune dans Fly Me to th Moon.
« Un petit pas pour l'Homme mais un grand pas pour l'Humanité » tel furent les mots éternels prononcés par Neil Armstrong lorsqu'il foulait le sol poussiéreux de la Lune le 20 juillet 1969. Il aurait pu rajouter « Une petite patte de mouche… » à l'intention des trois compagnons insectes qui accompagnaient la mission Apollo 11 à en croire ce film d'animation belge (le premier réalisé en trois dimensions). Trois minuscules êtres vivants aux abords de la base de Cap Canaveral. Trois amis : il y a Scooter le gros gourmand toujours à la conquête d'une bonne pâtisserie, I.Q, l'intellectuel prôneur de bonne parole et Nat, jeune intrépide rêvant d'aventures, élevé aux trépidants faits de gloire de son baroudeur de grand-père ayant soi-disant permis à Angie Everhart de parcourir l'Atlantique (!).
Des petites trouvailles de ce genre,
Fly Me to the Moon en possède d'autres mais finalement pas assez pour prétendre à une véritable originalité et s'envoler au-dessus de la masse de métrages animés en images générées par ordinateur affluant chaque année et se livrant une compétition acharnée. Surtout pas devant le maître étalon
Pixar, repoussant les limites du genre et faisant preuve de renouveau à chaque nouvel opus. Nos petits héros sont tout à fait craquants … pour une audience n'excédant pas les dix ans. Les plus âgés seront moins indulgents devant un défaut de fabrication au niveau des rebondissements peu nombreux et peu palpitants et d'un récit passablement mal assemblé (les méchants soviétiques sont tellement peu exploités que leur présence passe pour du remplissage). Le résultat final s'en retrouve amoindri alors que le travail des animateurs - sans être révolutionnaire mais possédant une agréable texture - qui s'affranchit convenablement du relief, tirait ce projet vers les étoiles.
Autre préjudice à dénombrer, la nationalité européenne de
Fly Me to the Moon ne se ressent pas assez, la production préférant l'uniformiser sur le modèle américain. Cela explique cette conclusion à la gloire de la réussite spatiale us, qui d'un œil français pourrait passer pour du patriotisme primaire avec cette intervention sensiblement déplacée de l'astronaute Buzz Aldrin s'étant prêté au jeu du doublage de son incarnation pixélisée. Remarque chauvine si vous voulez, néanmoins l'animation demeure aujourd'hui quasiment le seul genre dans lequel les pays francophones savent faire correctement la différence. Pourquoi ne pas la conserver ?
Un film d’animation pour les plus petits dont le plus amusant reste sans conteste l’excellent jeu de mot de son titre.