Steven Soderbergh, l'homme qui filme plus vite que son ombre, livre The Informant !, avec Matt Damon dans le premier rôle.
Après les deux volets consacrés au
Che et
Girlfriend Experience,
Steven Soderbergh livre un troisième film en cette année 2009 ! C'est qu'il ne chôme pas le bougre ! Passant sans cesse d'un style à un autre, le cinéaste livre des films plus ou moins bons selon la cuvée. Ici, avec
The Informant !, on pourra parler d'œuvre mineure. On y suit l'histoire vraie et rocambolesque d'une taupe du FBI infiltrée dans la société Archer Daniels Midland, spécialisée dans l'agro-alimentaire. Il y sera question d'accords illicites et de fraudes de masse.
Steven Soderbergh et
Matt Damon : On peut dire que les deux personnes se connaissent bien, ne serait-ce que par le biais des trois volets de la saga des
Ocean's. En gros, dans
The Informant !, on peut dire que le rythme lâche est un peu rattrapé par un scénario habile et la performance brillante de
Matt Damon. En effet, le point noir de ce métrage vient de son tempo, bien mal géré par
Steven Soderbergh, qui filme trop sagement son histoire en ayant beaucoup trop recours à la voix-off pour illustrer les pensées du personnage. Le procédé a tendance à rendre le film un poil trop bavard, un peu monotone par moments et fait office d'outil un peu trop envahissant, non sans une certaine redondance de propos qui peut irriter. Heureusement que l'histoire, rocambolesque à souhait, parvient à maintenir l'intérêt du spectateur.
On y suit en effet une aventure saisissante, avec cet homme autant candide que manipulateur, qui n'arrête pas de brouiller les cartes par ses multiples mensonges plus ou moins habilement construits. Et le personnage sait être remarquable grâce au bel abattage de
Matt Damon, qui n'en rajoute pas dans les mimiques, parvenant à rendre son personnage hautement sympathique et à déclencher quelques rires. On retrouve également avec une certaine sympathie
Scott Bakula, que l'on avait perdu de vue depuis
Code Quantum, même si son rôle n'est malheureusement pas assez important. On pestera cependant devant l'incapacité ici flagrante de la part de
Steven Soderbergh à donner la folie adéquate au métrage, malgré une tentative – ratée – d'y apposer une bande originale et un ton décalés, ce qui l'aurait porté au rang supérieur de vrai bon film.
Une histoire rocambolesque à souhait et un bon Matt Damon ne sauvent qu'à moitié The Informant !, servi par un Steven Soderbergh en petite forme, qui ne parvient pas à donner le punch nécessaire à l'ensemble, qui lui aurait conférer la folie adéquate.