Tony Stark et son armure d'acier reviennent dans une suite supposée développer les bases du premier opus. Manque de bol, pour cela il faudra de nouveau patienter.
Iron Man premier du nom était-il une estimable adaptation du comic-book original? Oui, dans le sens où le blockbuster de
Jon Favreau se montrait ce qu'il faut de respectueux envers les origines de Tony Stark, interprété de la plus belle des manières par un
Robert Downey Jr. en pleine forme. S'il se situait à quelques coudées franches au-dessus des pitreries de
Les Quatre Fantastiques et consort,
Iron Man ne mérite pas pour autant le plébiscite critique et public qui fut le sien voilà deux ans. Détenteur de bases solides, le film traîne pourtant derrière lui des tares un brin encombrantes (une mise en scène en mode automatique, une action réfrénée, un ton et une morale volontairement juvéniles…), qui le positionnait comme une simple introduction à une franchise exigeant le passage de la seconde dès le deuxième opus. Hélas, avec
Iron Man 2 les producteurs n'ont pas fait le choix de passer à la vitesse supérieure mais celui d'opter pour une marche arrière.
Six mois après avoir dévoilé son identité au monde entier, notre bon Tony doit régler en même temps plusieurs épineux problèmes : rendre des comptes à une commission du gouvernement chargée de statuer sur le danger potentiel de son équipement technologique et subir la vengeance d'Ivan Vanko, le fils de l'ancien partenaire de son père. Pour ne rien arranger, sa batterie thoracique qui le maintient en vie est en train d'infecter dangereusement son sang. Plus noir
Iron Man 2 ? La première partie le laisse à penser avec son héros semble-t-il plus torturé, plus sujet à plier sous le poids de ses obligations de sauveur de l'humanité. Or tout ceci n'est que de la poudre aux yeux. Un lamentable subterfuge pour nous faire croire que cette suite va se tourner vers une exploration en profondeur des failles du personnage principal et de son background ; alors que le scénario va consciemment tuer dans l'œuf toutes les pistes intéressantes sur l'autel du divertissement creux tournant désespérément à vide.
A croire que le travail de
Justin Theroux (plumitif sur l'excellent
Tonnerre sous les Tropiques) a été charcuté dans tous les sens par l'imposition de dictats commerciaux. Car comment expliquer que tous les défis rencontrés par l'homme d'acier (qui devraient se résoudre à la fin au prix d'immenses sacrifices et d'épreuves ardues) sont balayés à mi-parcours par des résolutions tellement grossières qu'elles en deviennent insultantes : une si longue mise en place pour si peu ! Et pour être dépassés par quoi en fin de compte ? Toujours plus d'humour au ras des pâquerettes (encore merci les
Pirates des Caraïbes !) qui fera seulement rire les gamins de huit ans propices à s'extasier devant les caméos de la Veuve noire (
Scarlett « sexy » Johansson : trois prises de catch et puis s'en va), devant la surinterprétation de
Samuel L. Jackson en Nick Fury et la lourdeur de
Robert Downey Jr. qui ne fait désormais plus illusion.
« Oui mais il y doit y avoir plein de scènes d'actions » serez-vous enclin à nous rétorquer. « C'est tout ce qu'on demande à
Iron Man 2, de nous en mettre plein la vue ». Avec un seul affrontement sur le circuit de Formule 1 de Monaco en début de métrage et un climax remballé en trois minutes chrono, on ne peut pas dire que le réalisateur se montre d'une quelconque générosité ; considérant qu'il continue de se révéler un technicien/illustrateur extrêmement moyen, préférant énoncer de belles et vaines promesses qui ne seront pas tenues. Encore une fois, on se plaît à nous faire longuement miroiter l'arrivée de War Machine pour le sous-employer seulement quelques instants, refourguer des seconds rôles « tapisserie » à des comédiens identifiables (
Mickey Rourke,
Sam Rockwell sont bons mais n'ont rien à faire) uniquement pour capitaliser sur l'affiche d'un casting prestigieux. Faire trépigner d'impatience le geek au détour de références à la bande dessinée et lui assurer qu'une véritable entrée dans le vif du sujet sera effective dans les productions futures (le 3 et
The Avengers). Sauf que l'attente dans laquelle nous plonge
Marvel Studios ressemble davantage à une arnaque dans les règles de l'art.
Un long tunnel de néant scénaristique placé entre deux scènes d'actions rachitiques. Voici la formule avec laquelle Marvel Studios escompte faire cartonner son Iron Man 2. Et le pire, c'est que ça va marcher !