Césarisé pour Gainsbourg : vie héroïque, Joann Sfar nous livre la version cinématographique de sa bande dessinée, Le Chat du Rabbin.
Le Chat du Rabbin arrive avec un avantage non négligeable. Son réalisateur a déjà eu la reconnaissance du métier en raflant un César tout en connaissant un succès public puisque son
Gainsbourg : vie héroïque a attiré la bagatelle d'1,2 million de spectateurs en salles. Adaptant sa propre bande dessinée avec la collaboration à la réalisation d'
Antoine Delesvaux, il nous fait donc suivre ici ce chat sans nom surnommé « le chat du rabbin » puisqu'il est donc le chat du rabbin (ça tombe bien) dans l'Alger des années 20. Se mettant subitement un jour à parler, le chat va assister le rabbin dans plusieurs évènements et il va suivre toute une équipe à travers le désert vers une Jérusalem imaginaire où vivraient des Juifs noirs…
En livrant la version filmique de son œuvre papier vendue à plus de 700 000 exemplaires,
Joann Sfar donne à voir un film semblant un peu bancal mais se laissant néanmoins suivre sans déplaisir. Sur des dessins aboutis avec des personnages bien dressés,
Le Chat du Rabbin hésite cependant trop à viser un public adulte ou enfant, restituant ainsi une ambiance un peu bancale où la thématique de la critique des religions se veut simple (voire simpliste) afin de ne pas larguer les plus jeunes tandis que la tonalité globale se veut pourtant adulte et certaines scènes graphiquement appréciables pour les plus grands ne seront certainement pas du goût des plus jeunes. On se trouve alors avec la sensation bizarre de voir un film qui ne choisit pas vraiment son camp d'autant plus que son histoire peut sembler globalement trop ambitieuse à la vue du résultat final et que le rythme global s'avère un peu trop nonchalant. C'est dommage car les personnages s'avèrent plutôt truculents et bénéficient de dialogues soignés parfaitement balancés par un casting de voix bien senti (
François Morel est juste impeccable dans le rôle du chat). On notera aussi que l'énorme travail fait pendant la production où les acteurs sont venus jouer en vrai les scènes pour inspirer les dessinateurs a produit un effet véritable sur le réalisme des gestes et expressions de personnages qui parviennent par ce biais à avoir une vraie présence à l'écran.
En hésitant à s'adresser à une cible précise, Le Chat du Rabbin s'avère un peu bancal mais graphiquement séduisant et orné de dialogues plutôt efficaces.