Star Wars joue les prolongations avec ce long-métrage d'animation diffusé en salles. Mais de sortir au cinéma Star Wars : The Clone Wars méritait-il ?
Star wars : Episode III - La Revanche des Sith devait marquer la conclusion définitive d'une saga légendaire commencée il y a de cela trente ans. Mais c'était sans compter sur l'impossibilité (affective ? mercantile ? les deux sans doute) pour son créateur
George Lucas de lâcher un univers pouvant se décliner à l'infini, doublé d'un filon financier semblant inépuisable. Des histoires autour de la famille Skywalker, on peut encore en trouver plein et notamment concernant la guerre des clones, carcan historique fantasmagorique se situant entre les épisodes filmiques deux et trois, qui n'avait alors trouver vie que sous forme d'une série d'animation aussi surprenante que percutante. Ce qui ne semblait alors qu'un produit marketing insipide s'est transformé en un complément réjouissant, justement complimentée par le public, même par les réfractaires à la seconde trilogie. C'est dire.
Un succès qui pousse le papa de Dark Vador, Yoda, R2-D2 et tant d'autres à lancer une ambitieuse deuxième série animée en 3D (devant s'étendre sur une centaine d'épisodes !) fondée sur le même principe, soit narrer l'affrontement galactique entre la République et les séparatistes. Pour lancer l'événement, un long-métrage, supervisé par
Dave Filoni (réalisateur occasionnel sur le dessin animé
Avatar) est mis en route afin de faire office d'introduction. Un film prévu à l'origine pour le petit écran mais qui connaît aujourd'hui, sous l'impulsion toujours aussi imprévisible de son initiateur, les honneurs d'un passage sur le grand. Une promotion de format justifiée au vu du résultat? Non.
C'est là la grosse erreur de
Lucas : avoir voulu nous vendre cet objet télévisuel accessoire comme s'il s'agissait d'un opus indivisible de la saga. Pour cela il aurait fallu le doter d'un véritable scénario pourvu d'enjeux scénaristiques faisant évoluer ses personnages. En l'état, nous avons un simili de trame directrice, dans laquelle grosso modo les jedis doivent empêcher le ralliement de Jabba le Hutt à la cause du Comte Dooku. Récit rachitique surtout propice à un déchaînement ininterrompu de combats au sabre laser, de batailles spatiales et d'affrontements guerriers entre armées terrestres, garantissant l'essentiel des objectifs de la production : un maximum de spectacle proprement exécuté. Pris sous cette optique,
Star Wars : The Clone Wars demeure un agréable show réservé à la vision exclusive des fans. Les vomisseurs de Star Wars ou anciens adeptes peuvent passer leur chemin, tenter l'expérience en salle relèverait du pur sado-masochisme.
Car on retrouve ici de nouveau les défauts qui émanaient des récents films : la dissémination d'un humour tirant de plus en plus vers le puérilisme, des choix visuels parfois douteux (le design général choque en premier lieu avant de s'oublier au bout d'un quart d'heure) et une tendance à introduire de nouveaux protagonistes secondaires à la fonctionnalité et à l'intérêt mystérieux. A l'image de la padawan non désirée d'Anakin, Ashoka, gamine indisciplinée difficilement supportable parce qu'inutile et relevant d'une grossière tentative destinée à gratifier une audience adolescente soi-disant rebelle (tenir son sabre à l'envers ça c'est de la révolte) afin qu'elle ne s'éloigne pas de la galaxie lucasienne.
La place omniprésente d'Ashoka dans
Star Wars : The Clone Wars - et de toute évidence dans les épisodes futurs - n'augure rien de bon pour le reste du programme qui de toute façon s'annonçait dès le départ comme thématiquement limité. Si le spectateur demeure fidèle pendant ne serait-ce que la moitié,
George Lucas pourra être grandement satisfait. Bien qu’extrêmement distrayant, Star Wars : The Clone Wars démontre la plongée toujours plus forte de George Lucas dans le côté obscur de la force. Il peut être encore sauvé mais on est proche du point limite.