Réalisateur, scénariste, acteur : Gad Elmaleh est sur tous les fronts pour nous livrer son Coco sur grand écran.
Six ans après avoir incarné un autre de ses personnages phares, Chouchou,
Gad Elmaleh est de retour dans la peau d'un des héros populaires de ses spectacles,
Coco. La différence, c'est que cette fois, il ne se contente pas de faire uniquement l'acteur et le scénariste, mais il décide de s'occuper lui-même de la mise en scène. On suit donc dans ce film, à l'instar du sketch de son spectacle,
Coco, un juif excentrique qui n'a qu'une idée en tête, « éclater » tout le monde lors de la bar-mitszva de son fils.
Il y a une évidence qui saute aux yeux à la vision de
Coco : on ne s'improvise pas metteur en scène, et on ne peut pas faire correctement un film de cinéma en ne soignant pas tous les paramètres requis. En effet, parant visiblement au plus pressé,
Gad Elmaleh nous propose un enchevêtrement de scènes sur un scénario peu fouillé, en oubliant d'imprimer du rythme à son film, les transitions s'avérant difficiles. Car là où sur scène, le talentueux « one-man showiste » peut partager son énergie communicative avec le public, il en oublie que sur grand écran, tout ne peut pas tenir sur ses seules gesticulations. Ainsi, sa mise en image très plan-plan ne se démarque pas de celle d'une série télévisée de moyenne qualité, d'autant plus que l'esthétique n'est même pas un minimum soignée, l'éclairage s'avérant tout bonnement désastreux, ne mettant jamais en valeur les acteurs.
Coco sent alors trop le film de producteur, dans lequel il faut insérer un maximum de situations attendues par les fans au détriment d'une fluidité dans la narration et d'une réalisation soignée.
Le film souffre de nombreuses faiblesses, notamment celle de ne reposer que quasi-exclusivement sur les épaules de sa star, qui réussi à nous séduire lors du début du film, mais le procédé s'essouffle rapidement et il en devient même rapidement lassant,
Gad Elmaleh effaçant tous les acteurs qui tournent autour de lui (la pauvre
Pascale Arbillot ne sert à rien). Voilà donc un one man show beaucoup trop long, qui a en plus un peu trop le goût d'un volet de
La Vérité si je mens pour paraître original, dans lequel l'acteur principal en fait trop, notamment lors de séquences plus dramatiques bien mal maîtrisées (
Comme ton père nous avait déjà démontré les limites du jeu d'acteur du comique). Alors certes, le film n'est pas le navet ultime, certains passages et dialogues nous arrachant quelques rires, mais le compte est loin d'y être pour ne pas se sentir floué par un artiste qui a eu les yeux plus gros que le ventre.
Gad Elmaleh gesticule beaucoup dans le vide, dans un film plutôt bâclé. Coco ne nous éclate pas vraiment sur grand écran.