Cédric Kahn nous propose de vivre Les Regrets, avec Valeria Bruni Tedeschi et Yvan Attal.
Après l'échec commercial de
L'Avion,
Cédric Kahn revient avec un thème parmi les valeurs sûres : celui des histoires sentimentales. Il y a tellement à dire sur le sujet que le filon peut sembler juteux, encore faut-il sortir d'un carcan trop balisé. On se retrouve avec Mathieu, la quarantaine, marié, qui croise par hasard Maya, amour de jeunesse envers laquelle la flamme se ravive dès l'instant où il la voit, ce qui en est de même pour elle, fiancée et avec une fille. Vivant leur vie chacun de leur côté, ils vont tout faire pour se voir, irrésistiblement attirés l'un par l'autre.
Devant un thème aussi rebattu, on est en droit d'aborder
Les Regrets avec un soupçon de crainte. Et pourtant, dès les premières minutes, la sauce prend plutôt bien : L'alchimie entre
Valeria Bruni Tedeschi et
Yvan Attal, se donnant entièrement, est évidente, emportant le spectateur dans le tourbillon des sentiments et la douce folie qui attise le feu du désir. La performance des deux acteurs est d'ailleurs l'élément à retenir dans ce film, dont le reste ne suit malheureusement pas vraiment. Si les interprètes cités apportent du relief et de la fougue à leurs personnages, on ne peut pas dire que la mise en scène de
Cédric Kahn en fasse preuve de beaucoup, de fougue.
La platitude avec laquelle celui-ci nous rapporte cette histoire a vite fait de montrer ses limites, et, passé la moitié du film, on est en droit de trouver le temps long,
Les Regrets ne faisant pas vraiment preuve de dynamisme. Le métrage se repose en plus sur un effet de redondance narratif (le coup du « je t'aime, moi non plus ») qui lui donne un aspect bien trop ronronnant pour susciter une réelle émotion sur le long terme, où les tourments des deux tourtereaux vire à la caricature un peu agaçante, et surtout déjà très vu, et en bien mieux.
Les Regrets est un film qui se voudrait fiévreux et poignant, ce n'est en fait qu'un objet très formaliste, mou, sans réelle ambition artistique, mais sauvé des eaux par un duo d'acteurs doué, qui parvient à faire passer (un peu) la pilule.
Pas original et tournant vite en rond, Les Regrets est sauvé par la belle interprétation du duo Valeria Bruni Tedeschi / Yvan Attal.