Attendue au tournant par les fans de la série d'origine, l'adaptation cinématographique d'Astro Boy ne se fait pas sans mal.
Toby est un petit garçon comme les autres ; à une différence près, c'est qu'il est très intelligent et qu'il s'intéresse énormément aux nouvelles technologies et plus particulièrement aux robots. Son père, éminent scientifique, n'est pas très présent car il travaille pour la plus grande société robotique du pays. Ce lien de parenté va pourtant permettre à Toby de s'introduire dans la salle où un essai à lieu, celui d'un terrible robot tueur qui va, par accident, le réduire en cendre. Son père, dévasté, va alors réussir à créer un enfant plus vrai que nature, mais dont la peau cache en fait les composants d'un robot ultra-perfectionné.
Autant vous le dire tout de suite, le scénario n'a rien d'original est n'est pas plus évolué que le Pixar de l'été 2009 ou bien le Sony Pictures de l'automne. Autrement dit,
Astro Boy va devenir un héros pour toute une nation face à un président qui va tout essayer pour tenter de se faire réélire. Encore une histoire de sauvetage donc, mais comme pour
Tempête de Boulettes Géantes, le résultat est bien moins catastrophique que ne le laissait présager la bande-annonce ou bien les chiffres en provenance des États-Unis. C'est même surprenant tant les débuts sont difficiles à encaisser. Car le film ne commence pas sous les meilleurs hospices et ne va décoller véritablement qu'à la moitié de la projection. En attendant, les évènements vont s'enchainer, très (trop ?) vite à un rythme effréné si bien que l'on a du mal à comprendre certains passages. Pour un film qui se veut avant tout grand public, c'est râpé.
Mais la seconde partie va redorer le blason de ce petit robot grâce à l'arrivée d'un groupe d'enfants avec qui il va découvrir les bienfaits d'une famille. Car pas peu fier de prôner les valeurs écologiques en plein débat à Copenhague (le pays de Toby est suspendu dans les airs au dessus d'une Terre servant de décharge pour de vieux robots), il permet également de montrer qu'un garçon sans son père, ça peut certes se débrouiller seul mais pas tout le temps quand même. Tout comme dans
Tempête de Boulettes Géantes, on a donc le droit aux scènes émouvantes -pour les enfants seulement, comme la séparation d'un fils rejeté par son père/créateur, ou bien le retournement de situation lorsque ses nouveaux amis -humains- se rendent compte qu'il n'est en fait qu'un robot. C'est un peu le défaut de ce genre de films, vouloir ratisser large en rognant sur les détails que
Pixar, de son côté, n'oublie pas, lui.
Toutefois, l'action est omniprésente et force est de constater que l'on s'amuse bien après tout. La fin est prévisible, on est d'accord, mais ça ne veut pas dire que l'on s'y ennuie, bien au contraire notamment grâce au combat avec le grand méchant du film, tout de suite identifiable. L'esthétisme est correct et ne va pas très loin dans les détails, tandis que les batailles sont bourrées d'effets plaisants à regarder dans l'ensemble. La VF fait aussi bien son travail bien que l'on aurait aimé voir les séquences avec des écrans d'ordinateurs bénéficier d'une traduction totale (Initializing au lieu de « Initialisation » tout simplement). L'enrobage est satisfaisant et l'on se contentera de cela pour bien s'amuser au cinéma. Une donnée à ne pas négliger tant elle peut être importante en cas de suite.
Astro Boy s'inscrit dans la droite lignée des offres d'animations de cette fin d'année et ne va pas chercher plus loin que Tempête de Boulettes Géantes ou bien le décevant, mais non moins détaillé, Là-haut. Ces deux-là avaient toutefois la prétention d'offrir bien plus qu'une simple bataille « gentil vs méchant ».