Drew Barrymore nous arrive avec son tout premier film. Une pleine réussite pour la jeune réalisatrice et la star de Juno.
Bliss Calendar a 17 ans, elle est en marge avec la société et ne sait pas ce qu'elle va faire de sa vie. Sa mère tente de l'inspirer en l'obligeant à participer à des concours de beauté. Mais soyons clairs, ce n'est pas son « truc » : la jeune fille préfère plutôt les tenues punks et la musique rock. Alors le jour où elle va découvrir l'univers du roller derby, sa vie va changer et passer de la fille ringarde à celle la plus cool d'Austin. Ne l'appelez plus Bliss, mais Barby Destroy !
Je vous le disais plus haut, cette adaptation du roman
Whip It ! de
Shauna Cross est la première réalisation de
Drew Barrymore. Celle qui nous avait fait plus ou moins rire dans
Charlie's Angels ou chantonner dans
Le Come-Back s'essaye donc à la direction d'un film. Ce n'était pas un pari facile, et pourtant, l'actrice de 34 ans s'en sort extrêmement bien. Il faut dire que l'on a vu pire comme premier essai, avec la star de
Juno,
Ellen Page, en tête d'affiche, le plus gros des challenges était rempli haut la main. La jeune fille incarne une ado mal dans sa peau, c'est pile-poil ce qu'elle sait faire de mieux. Elle ne sait pas où l'avenir va la mener, et l'on assiste à des moments très drôle, la mettant en scène dans des postures pas forcément élogieuses lors des concours infligés par sa mère.
La mère, ancienne reine de beauté, incarnée par
Marcia Gay Harden (
Damages,
Into the Wild), tente de renouer avec un succès qui ne l'a pas suivi passés les 30 ans. Mais au-delà de cette histoire banale se cache finalement une véritable mine d'or scénaristique. A commencer par la façon dont est présenté le Roller Derby. Ce sport permet d'admirer des accrochages entre des jeunes filles sur une piste qui tourne en rond. Le but est de capitaliser un maximum de point en remportant le tour. Bien évidemment, ce n'est pas pour les mauviettes et tous les coups - ou presque - sont permis. Et derrière l'apparence « sexy et tapageuse » de ces filles en short se cache des féministes averties qui n'hésitent pas à castagner en toute circonstance.
Il est d'ailleurs étrange de voir que
Drew Barrymore a choisi un sujet aussi peu politiquement correct pour s'installer à Hollywood. En effet, elle se joue de la société américaine, celle du passé, mais aussi et surtout d'aujourd'hui, en parodiant les concours de miss, et le modèle de la famille parfaite du Middle-West. Et une chose est sure, c'est que ça marche du feu de dieu. C'est d'ailleurs l'une des grandes qualités du film, il sait être drôle et touchant à la fois. Mine de rien, ce n'est pas donné à tout le monde. On n'échappera pas à la traditionnelle leçon de vie (en l'occurrence, « reste comme tu es, mais n'oublies pas tes amis/famille »), mais disons qu'elle est suffisamment en toile de fond pour ne pas nous embêter. Le roman est d'ailleurs un best-seller outre-Atlantique, jamais sorti sous nos latitudes, ce qui assure au film un capital sympathie énorme alors même qu'il débute. La musique, qui fait partie intégrante de cette œuvre cinématographique, nous permet notamment d'écouter
The Chordette,
Cut Chemist ou encore
Dolly Parton. Du tout bon, et même un régal pour les oreilles.
Bliss est un film crédible du début à la fin. L'impression d'avoir passé un bon moment est bien présente et si l'on pouvait nous servir des films aussi sympathiques chaque semaine, nul doute que l'on serait plus heureux tous les jours.