La fin du monde est proche, Roland Emmerich s'attache à nous le rappeler. Mesdames et Messieurs, l'heure est venue de mettre la main au portefeuille, la facture pour y survivre est salée.
Les Mayas l'ont prédit il y a des milliers d'années. Le 21 décembre 2012 marquera la fin de leur calendrier et donc, de notre civilisation. Etayée par les astrologues et prophètes en tout genre, cette prophétie laisserait même certains scientifiques en proie au doute.
Simple paranoïa face à tous les bouleversements climatiques auxquels nous assistons ou sinistre prédiction, chacun y va de son interprétation en attendant que ça se passe (ou pas). Alors quand les tremblements de terre commencent à dévaster la planète, Jackson Curtis, un romancier déchu, et sa famille se lancent dans une aventure périlleuse : rejoindre les arches version troisième millénaire conçues pour survivre au cataclysme, mais réservées à un nombre très limité de miraculés. La nature se chargera du reste.
Le nouveau film catastrophe de
Roland Emmerich est arrivé. Quelques mois avant sa sortie,
2012 avait déjà crée un véritable buzz sur la toile en ce qu'il s'attaque à un sujet issu d'une prophétie lointaine qui n'en finit pas de faire parler d'elle. Qu'ils soient scientifiques, religieux, géophysiciens, croyants, non croyants, tous sont, de part et d'autre dans le monde, fascinés par cette date fatidique. Alors rien d'étonnant à ce qu'un film à 200 millions de dollars vienne nous donner une version possible de cette apocalypse. A cheval entre réalité et fiction (pour l'instant), le cinéaste n'a pas lésiné sur les effets spéciaux. Visitant les quatre coins du monde pour marquer le caractère universel de son sujet,
Roland Emmerich procède à une destruction en masse : New York, la Maison Blanche, le Vatican, la Tour Eiffel, l'Inde, l'Himalaya. Difficile de ne pas ressentir ce léger frisson à la vue de ces séismes géants et de ces raz-de-marée meurtriers. Le scénario catastrophe s'attache à verser dans le réalisme spectaculaire et l'assume pleinement, car la fin du monde est ce qu'il est : un évènement pour sûr, unique. Avec un rythme soutenu qui ne souffre d'aucun temps mort, le spectateur est happé par cette série de réactions en chaîne sans jamais avoir le temps de reprendre son souffle. De la même veine que
Le Jour d'Après,
2012 sonde, en sus de l'inéluctable compte à rebours, la nature humaine poussée dans ses derniers retranchements. Et la vérité (car oui, il s'agit d'une triste réalité) nous prend aux tripes.
Roland Emmerich lâche les hommes dans l'arène d'une cruelle loterie où l'autorisation de survie n'a d'égal que le chèque que l'on est prêt à signer. Autrement dit, exit le célèbre « les femmes et les enfants d'abord ».
Seulement voilà, à l'instar de nombreux blockbusters catastrophes, il y a toujours un « mais ». Pour tenir le spectateur lambda en haleine, il lui faut un héros, celui auquel il peut s'identifier. C'est là que
John Cusack fait son apparition : un homme paumé, issu de la classe moyenne, fraîchement divorcé mais toujours amoureux de son ex-femme. L'archétype propre aux films hollywoodiens cataclysmiques en somme. Fil conducteur de cette fin du monde, il va braver cette répugnante nature humaine, éviter tous les dangers à coup de cascades improbables pour tenter de grimper avec sa petite famille recomposée dans cette fameuse Arche de Noé à 1 milliard de dollars la place. Les clichés ne s'arrêtent malheureusement pas là et pleuvent jusqu'à provoquer un déluge similaire à celui auquel on assiste : le riche à la mine patibulaire, le prophète-fou, le scientifique libérateur d'une civilisation ingrate, le sacrifié etc… etc … etc … Au bout de cette longue chaîne stéréotypée, des instants guimauves où les déclarations d'amour durent une éternité alors que le monde s'écroule, où l'arroseur est souvent arrosé et où le « méchant » laisse son instinct animal au placard après avoir écouté un flegme discours moralisateur. Des personnages qui manquent clairement d'épaisseur, qui agacent à certains moments, mais qui font passer les 2h38 sans trop de mal, comme quoi…
Un blockbuster qui remplit plus qu'honorablement son contrat. Roland Emmerich nous en met plein la vue avec un scénario catastrophe rythmé qui nous tient en haleine pendant près de trois heures. Mais une fois de plus les aléas d'Hollywood viennent plomber la psychologie collective d'une humanité en voie d'extinction. Dommage.