Un film réunissant toute la fine fleur du cinéma français dans une comédie dramatique catastrophique.
Les dîners, qu'est-ce que c'est ennuyeux. On se fait beau, on rigole aux blagues pas drôles de son voisin, on évoque les souvenirs déplaisants et les projets de votre vie monotone. Ces réunions amicales cachent parfois des angoisses que l'on laisse discrètement à l'entrée grâce à des rires bien placés pour enfin repartir chez soit et retrouver ses chagrins une fois sur le chemin du retour…
Encore un film avec
Dany Boon ; j'ai mal choisis ma séance cette semaine, je ne supporte pas l'humour de ce petit blond du Nord. L'idée de départ est d'imaginer une soirée traditionnelle entre amis, où l'apparence va outrepasser les petits chagrins. Un scénario original et qui pourrait emmener avec lui un film sympathique s'il n'était pas plombé par un jeu d'acteur qui sonne affreusement creux. Si l'on met de coté le titre qui ne donne absolument pas envie de voir le film, on fini par découvrir une œuvre qui ressemble furieusement à une pièce de théâtre, car les ¾ du film se déroulent dans une seule pièce ou presque, la salle à manger. Puisqu'au début on fait la rencontre des personnages et la fin, eh bien… c'est la résolution de l'intrigue.
Le Code a changé souffre particulièrement de ce manque de décors, tant et si bien que ça ne donne pas envie d'y rester plus longtemps. Il aurait fallu un peu de folie, un diner ne se résume pas qu'à une seule pièce manquant de saveur.
L'interprétation des acteurs est ce qui porte le film et il faut se le dire, s'ils n'étaient pas là, ce serait une coquille vide. Si
Danièle Thompson, la réalisatrice, avait brillamment réussi son pari sur
Fauteuil d'Orchestre, avec
Le Code a changé, on a du mal à comprendre ce rendez-vous de têtes connues. Pourtant, les rebondissements sont bien présents et ils rendent le film plaisant, mais malheureusement le jeu d'acteurs plombe le tout. On a l'impression constante d'avoir affaire à un récital, les dialogues ne marchent pas entre eux, l'univers trop superficiel n'aide en rien le spectateur à se sentir à l'aise dans cette débâcle du cinéma français. Si l'on esquisse quelques sourires grâce à des piques bien trouvées de
Marina Foïs, on se retrouve vite atterré par la présence d'un
Dany Boon qui nous ressert son jeu douteux de
Bienvenue chez les Ch'tis, et par un
Patrick Bruel qui aurait mieux fait de rester chanteur pour femmes séniles. Le Patriiiiick qu'il était n'est définitivement plus présent.
Car dans
Le Code a changé, on a la désagréable sensation de voir une soirée people plus qu'une soirée entre amis. On n'y croit donc pas une seconde et la crédibilité du film en prend un coup. Rapidement donc, on a envie de venir à bout de cette tragédie qui se veut sentimentale, pas très longue fort heureusement, mais qui tombe lamentablement à plat.
La bande-annonce annonçait la couleur, Le Code a changé n'est qu'un ramassis d'ennuis que l'on découvre sous différents aspects. « C'était très sympa, au revoir ! », dirons-nous à la fin de la séance, bourrés d'hypocrisie, un peu comme le film.