Le cru Woody Allen 2009 se nomme Whatever Works, et c'est un très bon cru !
Woody Allen, insatiable cinéaste qui tourne à vive allure, nous sert son film chaque année. Après
Vicky Cristina Barcelona, qui avait attiré plus d'1,8 millions de spectateurs en France, voilà qu'il nous livre
Whatever Works, signant ainsi son grand retour dans sa ville chérie, New-York, après avoir fait quelques tours en Europe. Nous voici cette fois en compagnie de Boris Yellnikoff, un génie de la physique qui a raté pas mal de choses dans sa vie y compris son suicide, qui nous prend dès le début du film à partie, face caméra, pour nous dire ses quatre vérités. Le cynique Boris va tomber sur la jeune et joyeuse Melody, perdue et sans abri, fuyant une famille qu'elle n'aime plus. Boris va bien vouloir l'héberger malgré le peu d'intelligence dont elle fait preuve. Les deux caractères vont cohabiter, et même plus, jusqu'au jour où la mère de Melody, républicaine chrétienne venue de la campagne, débarque…
On le sait bien, les films de
Woody Allen, c'est toujours un peu de l'auto-psychanalyse où le metteur en scène raconte ses obsessions et ses névroses. En ce sens,
Whatever Works est un film qui revient à quelque chose de bien plus personnel que ne pouvait l'être ses derniers films européens. A peine déguisé sous les traits de Boris Yellnikoff alias
Larry David,
Woody Allen nous livre tout au long des 90 minutes sa vision du monde, par des dialogues parfois long, mais toujours parfaitement bien écrits, qui ne peuvent laisser indifférents par ses prises de positions radicales. Les relations sentimentales, les républicains intégristes, l'Amérique toute entière… quelques uns des éléments que
Woody Allen traite sans retenue, en optant constamment pour un ton comique parfaitement maîtrisées, réussissant la parfaite alchimie entre propos éclairés et schéma narratif propice à la comédie. En effet, la cohabitation entre ce vieil aigri cynique et cette jeune ingénue pas très finaude est superbement exploitée, sorte de « choc des mondes sous un toit » des plus jubilatoires, servi par deux excellents acteurs, où l'intelligentsia new-yorkaise rencontre « l'Américain moyen ».
On ne peut qu'être emporté par un
Larry David tonitruant en vieux bougre détestant le monde qui l'entoure et une
Evan Rachel Wood qui n'en finit pas de démontrer son talent, apportant le parfait charme et la légèreté adéquate à cette blonde écervelée mais ô combien attachante. On ne pourra pas non plus passer sous silence la réjouissante interprétation de
Patricia Clarkson, qui va incarner à elle seule l'expression « ouverture d'esprit ».
Whatever Works est tout ce qu'on aime chez
Woody Allen : du cinéma généreux et sincère, qui dit franchement ce qu'il a à dire en plus d'être brillamment mis en scène.
Allen maîtrise l'avancée de son récit et sa mise en image sans faillir, alternant scènes dramatiques classiques et interpellation du spectateur face caméra avec une grande fluidité, impliquant celui-ci un peu encore un peu plus dans le récit. Les fans de la première heure seront conquis.
Avec Whatever Works, Woody Allen livre une comédie jubilatoire nous démontrant qu'il n'est pas près de s'essouffler !