Une banque, un groupe de joyeux lurons et pas mal de complications au passage. Qu'est ce ? Ocean's 14 ? Mieux, Braquage à l'anglaise.
Ne se fier aucunement à son titre français délibérément trompeur,
Braquage à l'anglaise n'entretient aucun rapport avec
Braquage à l'italienne, film de cambriole de
F. Gary Gray sorti en 2003, lui-même remake d'un classique homonyme avec
Michael Caine. Bien que l'on y retrouve l'acteur
Jason Statham, et qu'il y soit question de butin dérobé, la comparaison entre les deux s'arrête là. Autre lieu, autre époque.
C'est ainsi que nous voilà projeté dans le Londres des années 70, où une petite bande de malfrats amateurs conduits par Terry Leather (
Statham), se retrouvent à peaufiner le rapt des coffres d'une banque de
Baker Street. Ce qu'ils ignorent c'est qu'ils sont manipulés par les hautes instances du pouvoir britannique afin de mettre secrètement la main sur des clichés salaces de la Princesse Elizabeth (une sacrée coquine !), prises par Micheal X, activiste noir médiatique (également maquereau et dealer à ses heures perdues) désireux de faire chanter la couronne. Les choses se corsent un peu plus quand nos cambrioleurs apprennent qu'ils ont malencontreusement subtilisé le livret de comptes d'un mafieux en relation avec tous les policiers corrompus de la ville. Pris entre deux murs, Terry et ses amis vont devoir la jouer très fine pour ne pas se retrouver six pieds sous terre…
Inspiré d'une histoire vraie (l'affaire du casse à été relatée dans la presse),
Braquage à l'anglaise se pose d'emblée comme un bon petit thriller de derrière les fagots. Peu importe que la réalité des faits ait subi ou non quelques transformations pour mieux convenir à une narration claire et précise. Car son ambition première n'est pas de relater scrupuleusement les tenants et aboutissants d'un incroyable fait-divers dont les véritables enjeux politiques ont été gardés secret aux yeux du grand public, mais de simplement proposer un récit divertissant, capable de faire passer un agréable moment. Comprenez qu'on flirt plus du côté de
Ocean's Eleven (pour le côté pop-corn) que du
Zodiac de
David Fincher (pour le côté rapport des évènements).
Il est effectivement dommage que
Roger Donaldson - artisan plus (
Treize jours) ou moins (
Guet-Apens,
La Recrue) recommandable – ne fasse pas montre de plus d'ambition. Pourtant il serait bête de dénigrer l'évident plaisir à se satisfaire de son professionnalisme parfaitement mis ici en application : mise en scène appliquée, rythme soutenu, bande-son seventies de rigueur, casting judicieusement choisi, le tout emmené par sa figure de proue de star dont on apprécie l'aisance et la décontraction. Soit le cocktail primordial pour toucher à son but. Butin acquis donc même si l'on dénote un relâchement sur la fin. Reste maintenant à nous donner une œuvre future plus sérieuse qui saura mettre toute la lumière sur ce scandale passionnant, le sujet étant doté de suffisamment de matière pour offrir une chronique « rentre dans le lard » digne d'un
Oliver Stone. Ce braquage ne prétend pas révolutionner le cinéma. On apprécie alors d’autant plus son aspect carré débouchant sur une totale efficacité en terme de distraction. En somme, un objet idéal pour une bonne soirée ciné. Allez-y sans crainte, vous vous ne ferez pas voler.